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Un ogre, Google? Oui, mais très gentil (Google God, d’Ariel Kyrou)

30 November 2010

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Les bureaux de Google à Mountain View sont un lieu de pélérinage pour les technophiles

Le tweet de Julien Hervouët, entrepreneur et enseignant en gestion de projet web à l’ESSCA, illustre très bien l’idée du livre: Google est un dieu de l’information qui a non seulement une influence énorme auprès des décideurs, mais aussi un capital sympathie inouï pour ce type de multinationale. C’est de quoi traite le livre Google God (Big Brother n’existe pas, il est partout) dont je viens de terminer la lecture, et qui permet de véritablement prendre du recul vis-à-vis de ce géant tout-puissant du web.

Les deux fondateurs de Google, Larry Page et Sergey Brin, vouent un culte à l’information et à la connaissance. Lorsqu’ils développent Google (voir l’article académique à l’origine du moteur de recherche), ils ont déjà la vision d’une véritable “digestion […] des données et informations les plus diverses“, qu’ils mettent d’ailleurs en pratique en envoyant leurs robots d’indexation explorer l’ensemble du web. Un long chemin a été parcouru depuis, et Google n’est plus seulement un moteur de recherche; c’est la principale porte d’entrée à internet !

Google transforme littéralement l’internet en ce temple de tous les savoirs de l’humanité dont rêvent bien des lettrés de toutes origines géographiques

Don’t be evil. C’est le sixième des dix commandements de Google. Et Google n’est pas méchant, Google est un relais objectivement désintéressé. Ariel Kyrou utilise l’analogie du Dieu (spinozien) puisque “Google ne cherche pas à arraisonner puis à posséder ses clients, mais à être l’outil naturel et presque invisible de leurs usages quotidiens [donc] ni Google, ni le Dieu de Spinoza n’interviennent jamais ‘en personne’ “. C’est en partie pour cela que l’auteur affirme avoir une certaine sympathie pour cette firme qui – avouons-le – facilite notre quotidien à bien des égards !

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Grâce à l'application iPhone de Google, qui comprend l'outil de reconnaissance visuelle Goggles, je peux savoir de quelle œuvre est tirée l'illustration de la couverture du livre

L’application mobile de Google sera, dans quelques années, plus utilisée que la page d’accueil Google.com. C’est pour cela que l’entreprise attache tant de soin au développement de ces applications, qui permettent de ne plus chercher seulement en entrant des mots, mais aussi en parlant au téléphone ou en photographiant un visuel. Mais plus que la simple application, c’est le système d’exploitation (OS), appelé Android, que Google fournit désormais, gratuitement. “Notre objectif est de faire du mobile la réponse à quasiment tout” affirmait Eric Schmidt lors du Mobile World Congress à Barcelone en février de cette année. Et la qualité des résultats montre qu’ils sont en bonne voie…

Google God ne nous traque pas et n’en éprouve aucune nécessité. Il se contrefout des détails de notre vie intime.

Mais Google n’exploite pas des opportunités, il les crée. L’utilisation de ses services entraine, par exemple, un profilage de chaque internaute non pas en fonction de nos caractéristiques socio-démographiques, par exemple, mais à partir de l’usage que nous faisons du web. Cela permet à Google d’offrir aux annonceurs des services publicitaires très intéressants – puisque ciblés individuellement. “Elles sont souvent si pertinentes et adaptées à vos besoins que vous aimez vraiment les regarder”, explique l’auteur du livre, tout en nuançant qu’on “ne distingue guère plus l’annonce de l’information, la sirène publicitaire du service pratique“.

Y a-t-il encore des humains libres de corps et d’esprit, capables de penser par eux-mêmes hors du cocon préparé par ce dieu si aimant ?

L’individu connecté a donc – objectivement – tout intérêt à utiliser les services gentiment mis à notre disposition par Google. C’est un situation win-win. Ainsi, Google God “ne peut se qualifier comme [totalitariste] car il fonctionne selon les règles du plaisir, sans violence ni coercition autre que sociale“. Cette “utilité dominante” nous rend-elle idiots ? Allons-nous percevoir le monde uniquement à travers les écrans, comme je l’ai fait avec la couverture du livre ?

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Image via InternetActu.net

Le blog Blogoscoped a imaginé une interview de Larry Page en 2038, qui laisse entrevoir un monde dans lequel l’homme sera “augmenté” par la myriade de services Google, “notre Intelligence supérieure à tous“. Dans sa conclusion, Ariel Kyrou réaffirme la sympathie qu’elle éprouve envers Google et son esprit. “Le souci n’est définitivement pas la société Google, mais la société de Google“, précise-t-elle, “notre attitude passive et notre manque de lucidité par rapport à ce monde là“. Pour contrer ce monde certain et prévisible, certains ont monté des actions de Google Art, une manière de pirater les logiques économiques de Google. Mon préféré est appelé Google Will Eat Itself, et se base sur l’achat d’actions Google avec les revenus générés par son propre programme de rémunération au clic: l’objectif n’est donc autre que de racheter Google grâce aux fonds générés par Adsense !

schema-explicatifGod a réussi à faire fermer ces sites, ce qui est parfaitement normal… mais tellement drôle !

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5 Comments leave one →
  1. Matt permalink
    29 January 2011 16:59

    Merci, article tr√®s int√©ressant ! 🙂

  2. Antoine permalink
    4 April 2011 08:26

    Très bon article Yannig (par contre c’est “pèlerinage” 😉

  3. 16 July 2012 21:29

    Interesting Bro’ 🙂

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