Conférence sur le Personal Branding, T. Latgé et L. Simon, le 28 septembre à l’ESSCA Angers

doyoubuzz-zoom-jpg

L’ESSCA aime bien rappeler son ancienneté, mais cela ne veut pas dire pour autant que l’institution centenaire ne regarde pas vers l’avenir. Dans la “mise-à-jour” de l’Ecole en matière de nouvelles technologies, encouragerait-elle les étudiants de se forger une identité numérique afin d’être plus remarquable sur internet ? C’est en tout cas dans ce sens que va la dernièreincentive envers les étudiants : offrir un an de compte “premium” à chaque étudiant de la promo centenaire. Ludovic Simon, fondateur en président de doyoubuzz, ainsi que Tristan Latgé, fondateur du cabinet Immerso, sont aujourd’hui venus parler de Personal Branding face à un auditoire composé majoritairement de 5ème années, les principaux concernés.

Dans son livre sur le Personal Branding, Olivier Zara décrit de la manière suivante : “Doyoubuzz mise sur son ergonomie en AJAX pour faire la différence face à la concurrence. Leur ambition est également d’aller au-delà du CV et de proposer prochainement des connexions avec les CVthèques ainsi que des fonctions sociales (blog, réseau etc.). Lancé en juin 2008 – Origine : France” (p.90).

Effectivement, Ludovic Simon, dont vous pouvez admirer le CV en ligne ici, est le fondateur et président de la SAS DoYou Multimédia, société qui exploite doyoubuzz.com. Diplômé de l’Istia à Angers, il a donc présenté son outil de CV en ligne devant une grande partie de la promotion 2005-2010, qui étaient conviés à cette conférence. Comme je l’ai dit auparavant, ils se font offrir par l’ESSCA une année d’abonnement “premium”, qu’ils auront la liberté de prolonger (à titre onéreux) par la suite. Selon lui, on aura toujours besoin de CV, le web étant une évolution logique vers davantage d’interactivité et de visibilité pour les candidats à l’embauche. Que ce soit sur le marché ouvert des embauches sur annonce ou sur le marché caché, c’est à dire par bouche-à-oreille ou par contact, qui représenterait autour de 40% du marché total de l’emploi. D’après les deux intervenants, l’année 2009 est d’ailleurs une année “catastrophique” en termes d’emploi, le marché repartira -selon eux- en 2010, et explosera en 2011. Ouf ! Sourire

avatar-tristan-latge-jpg

L’autre intervenant, Tristan Latgé, qui a fondé l’agence de communication “corporate RH” Immerso, a lui abordé le Personal Branding de manière moins… intéressée. Il nous a parlé des sites traditionnels de recrutement (monsterkeljob etc.), appelés Job Boards, qui représentent aujourd’hui environ 80% des annonces, mais qui tendent à la saturation, tant qualitativement que quantitativement. Selon lui, il faut aujourd’hui se servir du web 2.0 pour être remarquable, bien qu’il faille être conscient que cette “prise de parole” est croissante et irrémédiable dans le temps. Mais la technologie ne changera pas seulement les processus de recrutement : la communication interne en entreprise sera modifiée également. Ces dernières se préparent pour accueillir notre génération Y avec des chats internes, des wikis, des blogs d’entreprise etc. Tout cela est quand même resté assez vague…

Pour terminer, une question amusante : quel réseau social peut révéler de bons managers ? Viadeo, Twitter, Doyoubuzz ? Non : World of Warcraft ! Il paraît effectivement que le fait d’être “chefs de guilde” est particulièrement valorisé par certains recruteurs : gestion d’équipe, multi-tasking, communication etc. sont autant de qualités que doit apparemment posséder un chef de guilde WoW. Etant donné que ce personnage doit jouer, gérer ses subordonnés, chater et parler en même temps, on peut effectivement parler de multi-tâche. De là à en faire un bon manager…

wow-guilde-small-jpg

Zeilfer, chef de la guilde “secte Deimos” (http://lesdeimos.skyrock.com/)

Conférence de Thierry de Montbrial, le 10 février 2009 à l’ESSCA Angers

DeMontbrial-gif

A l’occasion du centenaire de l’Ecole, l’ESSCA a accueilli Thierry de Montbrial, fondateur et directeur de l’IFRI (Institut Français des Relations Internationales). Dans un contexte de crise et de mise en cause de notre modèle de civilisation, M. de Montbrial a rappelé les valeurs qui dirigent notre société chrétienne et pointe certaines contradictions qui ont contribué à cette situation. L’amphi Gounouf de l’ESSCA Angers accueillait des dirigeants d’entreprises, permanents de l’Ecole et des élèves, bien que tout le monde n’a pas pu suivre la conférence. L’ESSCA la retransmettait dans un autre amphi angevin ainsi que sur le site de Paris.

Spécialiste en économie et relations internationales, Thierry de Montbrial est diplômé de l’Ecole Polytechnique (1963), de l’Ecole des Mines (1966) et de l’Université de Berkeley. Il a fondé et présidé jusqu’en 1992 le département d’économie de l’Ecole Polytechnique et dirige aujourd’hui la revue Politique Etrangère qui diffuse les analyses françaises relatives aux relations internationales dans le monde. On peut terminer cette brève introduction par ses fonctions d’enseignement, puisqu’il professe à l’X (sciences économiques), au Conservatoire nationale des Arts et Métiers (économie politique appliquée) ainsi qu’à Paris II Panthéon Assas (théories des relations internationales).

Dans son discours -d’une bonne heure- M. de Montbrial a abordé la situation actuelle mais il a commencé par certains rappels historiques. Ainsi, de toutes les révolutions du monde, les trois plus importantes sont l’écriture, l’imprimerie et les NTIC, dont l’ampleur va grandissante. Il est intéressant de remarquer que toutes ces “révolutions” sont liées à la communication. Je vous invite à ce sujet à lire le livre de Dominique Wolton : Mc Luhan ne répond plus, aux éditions l’Aube.

Lorsqu’on regarde la récente évolution des relations internationales, le directeur de l’IFRI revient sur la chute de l’URSS, qui est selon lui l’évènement majeur du XXème siècle. D’ailleurs, nous en ressentons encore les conséquences aujourd’hui, notamment dans la construction européenne. Le déplacement du centre de gravité de l’UE vers l’Est est un fait logique, mais pas facile à accepter par les membres fondateurs. L’utopie bien française d’un “monde stagnant” n’a aucun fondement et peut même être une chose dangereuse, dans le sens où “son application permet de perpétuer les totalitarismes et empêche l’évolution des systèmes fiables“.

S'adapter, ou se protéger ? Sarkozy chez PSA-jpg

Pour revenir à l’Union Européenne, l’Ingénieur général des Mines pense que la politique économique européenne ne va pas assez dans le sens de l’uniformisation politique, dont l’Euro-zone est un exemple. Il critique ainsi les décisions individuelles comme qui ne sont pas coordonnées, comme l’aide de 6,5 milliards d’Euros que Nicolas Sarkozy a accordé au secteur automobile français en début d’année. Le protectionnisme serait ainsi un “scénario catastrophe” de la crise puisque cela fausse toutes les règles de la concurrence et ne favorise pas la confiance mondiale dont nous avons besoin.

La stabilité mondiale ne dépend donc plus de la Triade (Europe, Etats-Unis, Japon) mais aussi et surtout des grands pays émergents comme l’Inde, le Brésil ou encore la Chine. Le parti unique du pays, Parti Communiste Chinois, trouve aujourd’hui sa légitimité dans la poursuite de la croissance économique. Non sans le monde stagnant, Thierry de Montbrial voit dans ce pragmatisme (la contradiction entre les valeurs fondatrices du PCC et la situation chinoise) la force de ces pays. Il n’a cependant pas abordé l’aléa moral causé par les dérives de ce système… Mais selon lui, les entreprises et les institutions n’existent pas pour être éternelles. Ainsi, il a fait référence à des entreprises telles que Apple, Microsoft ou IBM, mais aussi au CNRS dont l’actuelle résistance au changement constitue une menace : la difficulté de se réformer pour s’adapter. Schumpeter pensait que la capacité à constamment se renouveller constitue la force principale d’un système.

Manifestation de chercheurs au CNRS (19 juin 09)-jpg

Même quand “les choses vont bien“, les hommes ont naturellement tendance au “relâchement“. Le conférencier explique cela par “l’extrapolation des discours positivites et inhibant le doute“, Danny Miller apelle cela le Paradoxe d’Icare (son livre). Il faut souvent des drames pour regarder les choses en face et la crise économique et écologique actuelle en est un, c’est certain. Plus précisément, M. de Montbrial évoque l’interruption totale des marchés interbancaires que nous observons aujourd’hui. Il reproche aussi à Alan Greenspan d’avoir permis de développer “un système basé sur l’irréel” avec sa foi aveugle dans le marché. Il croyait en l’accroissement supérieure de la productivité (grâce aux NTIC) face au capital, ce qui s’est révélé faux.

Il est nécéssaire d’espérer pour entreprendre

Les difficultés que rencontre l’homme lorsqu’il entreprend (l’entrepreneur donc…), c’est lui-même qui les créé, et non pas la nature. C’est cette vision très cartésienne que Thierry de Montbrial défend, disant qu’il faut y répondre (aux difficultés) par “la vertu et la persévérance“. Il a aussi souligné l’importance de rester fidèle à ses valeurs dans son action puisque, inévitablement, la durée et l’expérience mettent à l’épreuve notre éthique à tous. Selon lui, le meilleur leadership est donc le “leadership par l’exemple“, qui induit le moins de biais et le plus de crédibilité.

Bien qu’il ait un CV impressionnant, j’aurais justement pensé que ce Monsieur aurait été plus humble. Parfois distant, parfois évasif, M. de Montbrial m’a paru un peu hautain. Est-ce son attitude naturelle ou une conséquence de son indiscutable appartenance à l’élite? Je ne sais pas. Lorsqu’un étudiant (esscaïen) a posé une question sur l’appartenance du conférencier au très confidentiel groupe Bilderberg, M. de Montbrial s’est permis de ne pas répondre en substance, mais plutôt de revendiquer son droit à en faire partie. J’aurais personnellement préféré avoir ses explications plutôt que de devoir aller chercher des infos sur internet (WikipediaRue89 etc.). Il était cependant très impressionnant de rencontrer une personne de sa culture, et j’ai toujours beaucoup de respect pour les personnes si intelligentes.

bilderberg-jpg

Avancement des travaux à l’ESSCA Angers

L'entrée des professeurs (et VIP ;) -jpg Pour les bleus (futurs 1A), pour les étudiants actuels, pour ceux qui partent en université étrangère ou en stage et même pour les anciens… Je suis passé à l’ESSCA aujourd’hui pour voir où en étaient les travaux. Voilà les photos, de piètre qualité certes, mais c’est juste pour avoir un aperçu.

Nouveaux bâtiments de l'ESSCA-jpg

Comme d’autres Ecoles angevines (lien), le bâtiment de 4 400 m² a été dessiné par l’architecte Frédéric Rolland. A priori, les travaux devraient être achevés dans les temps, c’est à dire pour la rentrée.

L'entrée quasiment terminée-jpg

La Région Pays De Loire participe à plus de 2 millions d’€. Voilà à quoi ressemble l’entrée principale.

Les bureaux administratifs, presque terminés-jpg

Là ou nous avions un gros bâtiment sans fenêtres s’étend maintenant une grande façade… je suis impatient de la découvrir de l’intérieur…

Vue de la rue lakanal-jpg

Sans doute les étages destinés à accueillir les bureaux et services administratifs.

Le bâtiment avec les nouvelles salles de cours, et une terrasse-jpg

Une allure moderne…

Le logo trône, une fois que les préfas seront partis, ce sera plus propre-jpg

… il n’y aura plus qu’à enlever les préfas à côté des terrains de sport, cachés par la haie.

Un nouveau bâtiment pour fêter le centenaire de l’ESSCA

batiment-essca-jpg

Depuis sa création par Paul Baugas (vendéen, grrr) en 1909, l’ESSCA enseigne les sciences économiques et commerciales à Angers. La formation a évolué (3 années en 1954, 4 années en 1969, l’alternance dès 1974 puis 5 années dès 1998), sa reconnaissance a augmenté (par l’Etat en 1980, obtention du label EPS dès 2006) et le groupe décidait de se développer à l’international (création de l’antenne à Budapest en 1993 avec l’inauguration des nouveaux locaux en 2003 et en 2008, ouverture du site de Shanghai en 2006). Pour fêter le centenaire de l’Ecole, le groupe ESSCA a décidé de la construction d’un nouveau bâtiment sur le site d’Angers, dont vous pouvez voir les premiers plans ci-contre. La première pierre a été posée 21 novembre 2008.

front-batiment-essca-jpg

Avec ce nouvel ensemble de 4 400 m², les locaux angevins vont voir leur surface portée à 17 200 m². Comme le bâtiment actuel inauguré en 2001 (si caractéristique, dont la face est arbore un immense logo ESSCA visible depuis le boulevard Lavoisier), le nouveau complexe e été dessiné par l’architecte angevin Frédéric Rolland. Comme son père Yves, il a été formé à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris et présente de nombreuses références. Il a dessiné divers bâtiments angevins comme l’Amphithéa 4000, l’ESA ou encore l’INH de Belle-Beille. Les parallèles ne s’arrêtent pas là : comme le groupe ESSCA, l’Atelier Frédéric Rolland a décidé de créer une agence à… Shanghaï, et ce dès 1990 dans le but de se développer à l’international.