Zoom sur le business-model de Roland Garros

Jusqu’à dimanche prochain, les Internationaux de France vont se disputer dans les stades de Roland Garros. Seul tournoi du Grand Chelem disputé sur terre battue, il porte le nom de Roland Garros, diplômé d’HEC au début du siècle et sportif passionné. A côté du cyclisme, il fut également footballeur, rugbyman, tennisman et aviateur, et à chaque fois à très bon niveau… Il déceda à l’âge de 30 ans seulement dans un accident d’avion, le 2 octobre 1918.

Marché noir

Bref, toujours en est-il que le tournoi qui porte aujourd’hui son nom est un évènement central du calendrier sportif mondial, et le business contribue largement à ce succès. Pour cette édition 2009, la marge bénéficiaire de l’évènement devrait atteindre 50% ! Le directeur des licences et partenariats de la FFT explicite le business model du tournoi de la manière suivante : “générer des revenus en vendant des droits d’association à des marques“. Tout simplement. Parmi les partenaires de la fédération, on pense en premier à BNP Paribas qui débourse autour de 20 millions d’euros par an pour s’associer au tennis français, et a donc le droit au statut de premier partenaire de Roland Garros. Ensuite, les partenaires secondaires comme Europe 1, Perrier, Lacoste, Peugeot,FedEx et autres IBM éspèrent bénéficier également de l’image moderne et internationale de la manifestation. Associés aux produits dérivés, ces recettes marketing représent la majeure partie des revenus des French Open. Viennent en plus les droits télé et la billetterie.

Roland Garros sur les 206 de Peugeot

Effectivement, les spectateurs potentiels (et réels) sont très nombreux, surtout en France où la Fédération Française de Tennis rassemble plus de 1,2 millions de licenciés et recence plus de 2 millions de joueurs réguliers. Les occasions de voir(ODV, ou opportunity to see) les marques sur les écrans de télévisions français ou directement au bord des courts sont donc très nombreuses. Non-seulement les partenaires améliorent leur capital cognitif (notoriété) et affectif, mais ils contribuent également à financer le tennis français. Pas moins des 2/3 des revenus du seul tournoi de Roland Garros reviennent à la FFT, qui finance ainsi ses activités nationales et les ligues locales. Le “premier” tiers des revenus permettent d’assurer les investissements nécéssaires au tournoi. La FFT paye d’ailleurs un tarif très bas à la ville de Paris pour utiliser les terrains (1,5 million d’euros/an) dont le loyer devrait s’élever à 19 millions d’€ ! [e24]


Nadal utilise Babolat depuis ses débuts

Finalement, ce marché du tennis attire les investissements des équipementiers. Voir Rafael Nadal ou Dinara Safina jouer avec une raquette Babolat est en effet très bon pour la notoriété et l’image de la PME lyonnaise, pionnière dans le tennis. Confiant malgré la crise, Eric Babolat affirme que le budget du sport est “le dernier budget que l’on coupe, car [le tennis] un sport de passionnés, très lié à l’univers familial“. La marque investit 10% de son CA dans les partenariats et même si ces investissements marketing ne reviennent pas directement aux tournois, ils contribuent à faire vivre le tennis professionnel, et donc à entretenir la compétitivité du sport aux yeux d’un public exigeant.

Logo TBS

Petit à-parté : J’ai découvert que la marque TBS, aujourd’hui souvent associée aux sports nautiques, est basée dans le Maine-et-Loire, entre Nantes et Angers. Née dans les années 1970, elle est à l’origine du revêtement en terre battue synthétique (tbs…) et s’est ensuite diversifiée dans les chaussures de tennis, avant d’investir les pontons français et internationaux.

La puissance des nega-watts : Amory Lovins

C’est à l’occasion de la promotion de la version française de son livre Natural Capitalism qu’Amory Lovins est de passage à Paris. Il fait partie des “80 hommes pour changer le monde” présentés par Sylvain Darnil (ESSCA)  et Mathieu Le Roux (HEC) dans leur livre paru en 2005, présentant des “Entrepreneurs pour la planète” dont Muhammad Yunus est un des plus connus. Encore un essayiste qui nous pompe l’air avec des théories de décroissance et des leçons de morale bien-pensée? Et bien non ! Explications.

Quelques-uns des clients du RMI

Tout d’abord, Amory Lovins n’est pas un “essayiste”. Le créateur et dirigeant du think-tank américain Rocky Mountain Institue est aussi physicien, inventeur, designer automobile, et surtout consultant. Il conseille en effet de grosses entreprises (Ford, Dow Chemicals, Boeing etc.) et de nombreux chefs d’Etat dont Barack Obama en éfficacité énergétique. Le magazine Time l’a récemment classé parmi les 100 personnalités de l’année à cause de son rôle de pionnier dans la lutte contre la dépendance énergétique mondiale, et bien entendu pour son influence économique et politique toujours croissante.

Empire State Building, NYC

Ensuite, l’auteur d’une trentaine de livres ne se borne pas à énoncer les vertus supposées d’une décroissance nécéssaire. En effet, son “acuponcture institutionnelle” se base sur le fait que les profits sont très étroitement liés aux économies d’énergie: “il faut échanger les mégawatts par des négawatts“. Peut-être a-t-il enfin trouvé une langue que les grands patrons américains comprennent, toujours est-il qu’ils l’écoutent. Ainsi, Wal-Mart a réduit la consommation de ses camions d’un quart, Dow totalise a économisé 9 milliards de dollars grâce à des investissement judicieux à hauteur d’un milliard de dollars il y a quelques années, Dupont a diminué ses émissions de CO2 de 80% par rapport à 1990 ! Ce sont ces “gisements de néga-watts” qui sont, selon lui, à l’origine de la croissance économique de l’avenir.

Car selon M. Lovins, la croissance économique n’est pas limitée : “croissance infinie de richesses matérielles, non. Mais une croissance infinie d’accomplissements humains, oui” confie-t-il à la journaliste Laure Noualhat dans l’interview qu’il lui a accordé il y a quelques jours [cdurable.info]. Il affirme que les Etats-Unis pourraient être auto-suffisants en énergie à l’horizon 2040… sans devoir abandonner l’American Way Of Life ! Puis, en faisant référence aux grandes religions, il précise bien la croissance économique n’est pas une fin en soi, mais qu’il doit bien servir “pour servir les hommes eux-mêmes”.

Bien qu’il soit en phase avec Nicolas Sarkozy, puisqu’il prône une réflexion sur la pertinence de nos indicateurs actuels, il fustige le modèle énergétique français dans son ensemble. Pour lui, l’avenir appartient aux “petites centrales électriques” et induit donc une décentralisation de la production d’énergie (alors que le France investit dans des centrales nucléaires de plus en plus grosses).

Amory Lovins

Encore une fois, ce ne sont pas des paroles en l’air. Dans sa maison du Colorado où les hivers sont rudes et longs, il fait pousser des bananes et des plantes tropicales grâce à une utilisation optimale des ressources naturelles (soleil, eau etc.). Sa facture énergétique ne dépasse pas 5 $ par mois, et l’été il vend son surplus d’électricité !

Some examples of charity sport sponsoring

Shirt presentation with the sponsor

Since 1898, FC Barcelona‘s team-jersey is blank from any sponsor. Today, we are witnessing a radical change in the club’s policy regarding sponsoring, although the brand new Chamions League champion has had an original approach : experiencing financial difficulties in 2003, the club started thinking about taking an official sponsor for the first time. The Austrian online bookmakers Bwin, the Beijing Olympics 2008 or Qatar Airways made propositions up to EUR 25.000.000 for five years, but none of them got the jackpot. Barcelona wanted to anticipate the following years, and being “Mes que un club“, they didn’t want to promote a commercial brand after overcoming its financial situation. Why? …

The Catalan club had an informal agreement with the Basque club Atletico Bilbao that stated that, like the national teams, the clubs had to represent their regions (the Basque Country and Catalonia), and therefore not to have any sponsor. When the two clubs finally decided to resort to sponsoring, they swore to choose an “ethically compatible partner”, and whilst Atletico started playing proudly with a large EUSKADI (Basque government funding) on their chest in 2004, Barcelona still hadn’t reached any agreement. The club wanted to go even further, and that’s why it chose to partner up with the UNICEF. Instead of receiving money, the club was commited to pay EUR 1.500.000 in five year to the United Nation’s body for childhood, as well as 0,7% of the revenues of its private foundation… like any European country which has to pay 0,7% of its GDP to the United Nation’s campaign for child education. This is how the FC Barcelona symbolises ethical acting in a world where too few clubs follow in the footsteps of the Barça.

A heart for children

I spontaneously think about the “Ein Herz für Kinder“-logo which we could see on the first half of the season on the shirts of the new German champion VFL Wolfsburg [blog]. In this PR-action, it was the main sponsor Volkswagen who gave up its “shirt-space” to the charity organisation who works for children for 30 years now. Another campaign crossing my mind was the blue “Schools for Africa” stripe on Team T-Mobile’s cycling jerseys, and of course the very popular “Livestrong” campaign of Lance Armstrong who currently races in Italy for his -still- team Astana.

Armstrong ride for Livestrong more than Astana...

Le fixie, dernier hype dans les villes

Même si j’étais le seul à m’y intéresser, j’avais déjà remarqué ces vélos lors de notre semaine à New York, en octobre 2007. Ces montures dépouillées de toute “fonctionnalité” (roue libre, vitesses, freins !) ont pourtant un certain charme, et pour cause. C’est maintenant une des dernières tendance en matière de déplacement en milieu urbain, mais il n’est pas donné à chacun de maîtriser un tel vélo à pignon fixe, surtout dans une circulation imposant des changements de rythme et de direction fréquents. Plus qu’un moyen de mobilité, il s’est créé aujourd’hui toute une communauté autour des fixed-gear bicyles.

resting riders

New York City (octobre 2007)

Nés au Royaume-Uni où certains cyclistes utilisaient le même vélo pour les courses sur route, sur piste (pignon fixe obligatoire), les contre-la-montre et les déplacements urbains , les fixies sont très populaires en Amérique du Nord. Ils ont notamment été popularisés par les coursiers cyclistes, qui cherchaient un vélo abordable et pratique (track-standing, ou sur-place), nécéssitant peu d’entretien. En plus, le fait de supprimer tout le superflu permettait de réduire le risque de vol et leur donnait donc la possibilté de laisser la bicyclette en bas du building, le cadre attaché au panneau par une grosse chaîne.

 

trackstanding

New York City (octobre 2007)

Les fixies sont presque toujours des vélos de piste “recyclés”, tubes en acier uni quand ils ne sont pas recouverts par du ruban adhésif. En effet, la récupération et le système D sont la règle. Loin d’être une question de moyens matériels, c’est surtout un style qui s’est imposé. Je ne pense pas que le coursier sur le droite de la photo sache que son maillot est celui de la Diquigiovanni et date de la fin des années 90. Autre détail frappant: les “spoke cards“. Ces cartes de tailles et formes diverses que les bike messengers coincent entre les rayons des roues sont aujourd’hui porteurs de messages de commémoration pour des messengers décédés, de messages politiques ou tout simplement des oeuvres d’art.

La communauté fixie est très hétéroclyte et adepte de l’old school. Non-seulement leurs vélos sont souvent assez anciens, mais les maillots Solo au look vintage ne sont qu’un exemple du succès du style old-school popularisé par les coursiers cyclistes de l’Amérique de Nord. J’ai lu dans un Vélo Magazine d’il y a un an ou deux un article sur le succès des vélos au Japon, le cycliste sur la photo portait un maillot “Brooklyn”, de Solo.

Un dernier aspect de fixies est leur maniabilité qui ne permet pas seulement de faire du sur-place, mais également de faire des figures et de jouer au vélo-polo! Comme à San Francisco , les passionnés organisent des compétitions de “skid“, ou “coasting“. Le but est de faire le plus long dérapage et bloquant la roue arrière et en se penchant en avant pour minimiser la force de freinage de la roue arrière, c’est très impressionnant. Le second type de contest est aussi une discipline officielle de la FFC: le bike-polo [watch].

L’effet de mode est lancé, ce qui va sans doute conduire pas mal d’industriels à en profiter. Une des marques déjà bien présentes est le constructeur allemand USED (“urban steel bikes“). Ca vaut bien le coup d’acheter un vélo au look usé, surtout lorsque la mode est au récupérage… Remarque : mes grands-mères disent la même chose à propose de mes jeans délavés.

Qui parrainera l’équipe de Lance Armstrong ?

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Il paraît que Lance Armstrong veut fonder son équipe (sans blague). En fait il en a déjà une : Trek-Livestrong, qui rassemble des jeunes espoirs américains dont le sensationnel Taylor Phinney, récent vainqueur de Paris-Roubaix Espoirs, que Lance a pris sous son aile depuis quelques années maintenant. Nul doute qu’une éventuelle “équipe Armstrong” aura pour partenaires Trek Bikes et Livestrong. Mais aujourd’hui, il faut avoir des gros moyens pour monter une équipe de stars (les russes de Katiusha ont un budget de 30 millions d’euros, contre 1,5 millions pour l’équipe Bretagne-Schuller du champion de France Dimitri Champion), et ceux d’Oracle pourraient assurer le financement suffisant, c’est du moins ce que l’on est en droit de croire en allant sur www.oraclecycling.com . Le fait que le logo ne soit pas exactement l’actuel logotype d’Oracle Corp est assez normal, puisque l’entreprise n’aurait pas intérêt à découvrir son jeu trop tôt, surtout en plein Tour de France. Il est intéressant de remarquer que ce même site apparaît sous le nom de domaine radsport.com (l’équivalent de “cyclisme.com”, en allemand). Un partenaire allemand?

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Dans un contexte économique difficile, surtout pour le parrainage sportif, Lance Armstrong aurait du mérite de trouver les partenaires nécéssaires à la constitution d’une équipe sérieuse. En même temps, sa popularité outre-atlantique lui ouvre beaucoup de portes et son parcours exceptionnel lui a permis de se constituer un carnet d’adresses. De plus, le risque “image du cyclisme” qui a fait capoter de nombreux parrainages d’équipes cyclistes est diminué, grâce à l’image de Lance Armstrong. La lutte contre la cancer et l’histoire personnelle du coureur américain pourraient rendre uninvestissement attractif.

D’autres noms sont cités : Nike, Apple et même Google… Allons nous assister à une bataille des géants de la technologie (Garmin-Slipstream / Columbia-HTC / Oracle?) sur les routes de France en juillet prochain? Johan Bruyneel, actuel manager d’Astana, semble vouloir suivre Lance dans une telle aventure, et Contador ?

Affaire à suivre…

23/07/09

Raté! C’est finalement la Radioshack Corporation qui sponsorisera l’équipe à partir d l’année 2010. La société américaine, basée à Austin (la ville dont Lance Armstrong est originaire), sponsorisera une équipe dans laquelle Armstrong ne sera pas seulement actif en tant que cycliste, mais également triathlète et coureur (à pied), discipline dans lesquelles il a toujours excellé. Le but principal est bien entendu de participer au Tour 2010… si ASO (Amaury Sport Organisation, organisateur de nombreux évènements sportifs) daigne inviter l’équipe.

Radioshack-store-jpg

L’équipe sera gerée par Capital Sports & Entertainment (CSE), qui gère déjà l’équipe Trek-Livestrong dont on a parlé au début de l’article, et qui était jadis la société derrière l’équipe Discovery Channel. D’après le site BikeRumor.com, l’enseigne distributrice de produits high-tech a besoin d’améliorer son image, mais on est en droit de se demander de l’efficacité d’un parrainage cycliste pour atteindre un tel objectif. Travaillant à la Fnac en ce moment, je vois bien qu’un service est important dans la vente de produits technologiques. RadioShack avait tenté l’aventure en France dans les années 90 (sous le nom “Tandy”, dont il ne reste aujourd’hui qu’un seul magasin à Marksem, Belgique). Le site OracleCycling n’était-il qu’un fake? Le site du Team RadioShack en tout cas, reste à construire…

Avancement des travaux à l’ESSCA Angers

L'entrée des professeurs (et VIP ;) -jpg Pour les bleus (futurs 1A), pour les étudiants actuels, pour ceux qui partent en université étrangère ou en stage et même pour les anciens… Je suis passé à l’ESSCA aujourd’hui pour voir où en étaient les travaux. Voilà les photos, de piètre qualité certes, mais c’est juste pour avoir un aperçu.

Nouveaux bâtiments de l'ESSCA-jpg

Comme d’autres Ecoles angevines (lien), le bâtiment de 4 400 m² a été dessiné par l’architecte Frédéric Rolland. A priori, les travaux devraient être achevés dans les temps, c’est à dire pour la rentrée.

L'entrée quasiment terminée-jpg

La Région Pays De Loire participe à plus de 2 millions d’€. Voilà à quoi ressemble l’entrée principale.

Les bureaux administratifs, presque terminés-jpg

Là ou nous avions un gros bâtiment sans fenêtres s’étend maintenant une grande façade… je suis impatient de la découvrir de l’intérieur…

Vue de la rue lakanal-jpg

Sans doute les étages destinés à accueillir les bureaux et services administratifs.

Le bâtiment avec les nouvelles salles de cours, et une terrasse-jpg

Une allure moderne…

Le logo trône, une fois que les préfas seront partis, ce sera plus propre-jpg

… il n’y aura plus qu’à enlever les préfas à côté des terrains de sport, cachés par la haie.