L’√©mergence des marques de communaut√© (et pas l’inverse!)

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Aujourd’hui, il existe de plus en plus de communaut√©s de marques. Certaines sont anciennes (Harley-Davidson), d’autres sont plus r√©centes dans l’histoire d’une marque (Nutella). Certaines repr√©sentent la quasi-totalit√© du capital de l’entreprise (Warhammer), et d’autres sont beaucoup plus p√©riph√©riques et marginales (Orange). Le point commun entre toutes ces communaut√©s, cependant, est qu’elles sont cr√©√©es et exploit√©es √† des fins commerciales, et la majorit√© des consommateurs en sont bien conscients (et ils jouent le jeu s’ils y voient un int√©r√™t). Dans l’excellent livre Marketing critique: le consommateur collaborateur en question, j’ai cependant d√©couvert un concept nouveau : la marque de communaut√©. Des exemples ? Continue reading →

Hitler nous parle de r√©seaux sociaux et d’e-r√©putation

Le mois dernier, l’agence Scanblog a publi√© les r√©sultats de son barom√®tre ECHO sur le comportement des fran√ßais sur internet, notamment en termes d’usage des r√©seaux sociaux. Les r√©sultats de l’√©tude ont √©t√© relay√©s par des grands m√©dias comme Le Figaro ou 20minutes.fr, mais l’agence a aussi voulu illustrer les r√©sultats diff√©remment:

Plus s√©rieusement, une pr√©sentation a aussi √©t√© publi√©e sur Slideshare. Parmi les conclusions de ce barom√®tre, on peut retenir que les strat√©gies internet de grandes marques comme Starbucks ou Dell sont tr√®s efficaces et utiles. Cependant, les internautes attendent aussi des marques qu’elles assument leurs r√īles de conviction et de communication, puisqu’ils sont des plus en plus difficiles √† enr√īler.

Du r√īle du design dans le marketing‚Ķ

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Pour cr√©er de la valeur aujourd’hui, il ne suffit plus d’apposer un logo connu sur un produit, ni m√™me de concevoir un beau produit, il faut¬†g√©n√©rer des √©motions (voir ce¬†billet sur le livre de Georges Ch√©tochine). Pour ce faire, les marketers ont invent√© diff√©rents dispositifs et outils qui permettent de surprendre et d’impliquer le client. La Brioche Dor√©e, fond√©e par Louis Le Duff, a √©t√© une des premi√®res enseignes √† utiliser des diffuseurs d’odeurs devant ses magasins ; c’est du marketing sensoriel. Dans son livre sur le storytelling, Christian Salmon prend l’exemple d’Enron qui a “encens√©” ses actionnaires, employ√©s etc. pour faire croire √† son succ√®s ; le storytelling est une autre technique tr√®s en vogue, notamment en marketing. Un autre moyen de cr√©er un lien √©motionnel est (tout simplement) de¬†concevoir de beaux produits, qui soient compris par les clients : c’est le r√īle du design.

Il faut donc trouver de nouvelles mani√®res de cr√©er de la valeur autour de ses produits.¬†Nicolas Minvielle, professeur √† Audencia Nantes, parle dans un article de Marketing Grandes Ecoles (septembre 2009) de “strat√©gies de r√©-enchantement, (dans lesquelles) certains designers peuvent jouer un r√īle fondamental“. Les marques doivent donc habilement¬†s’associer √† des designers qui, d’une certaine mani√®re, “cautionnent” la marque, prennent position pour elle en s’adressant au client final. En s’appuyant sur les explications de Philippe Starck concernant son design de la¬†Moto d’Aprilia, N. Minvielle n’h√©site pas de parler d'”instance validatrice” au sujet des designers.

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En s’associant √† un designer de renom, et en lui laissant cette¬†libert√© d’expression, la marque prend un certain risque. Par d√©finition, ce type de d√©marche est d’aboutir √† quelque-chose de fondamentalement diff√©rent de ce que propose l’entreprise, c’est l√† o√Ļ le designer a la plus grande responsabilit√©. Il doit expliquer sa d√©marche, puisque c’est son discours qui lui permet d’attribuer au produit des valeurs symboliques,¬†ces valeurs qui se reportent automatiquement sur la marque qui fait appel √† lui. en m√™me temps, c’est bien l√† que r√©side le b√©n√©fice de l’op√©ration : “attribuer au produit (…)¬†des valeurs symboliques que la marque aurait des difficult√©s √† justifier de mani√®re solitaire ou √† travers ses attributs courants (logos, produits, publicit√©s etc.)“.

Cela t√©moigne-t-il d’un manque d’inspiration de la part de l’entreprise ? Sont-elles alors √† court d’id√©es ? Peut-√™tre, puisque les¬†r√©cits (Nicolas Minvielle a intitul√© son article “(Certains) designers sont des conteurs”, et parle de “designers-conteurs“) peuvent-√™tre consid√©r√©s comme des “mythes compensateurs, qui ont pour fonction de rassurer“. Ces termes sont extraits d’un ouvrage du critique litt√©raire Paul Lidsky, cette r√©f√©rence montre que le storytelling est une technique qui a sa place en marketing. Est-ce de l’ensorcellement, de l’enchantement, de la manipulation ? Dans la m√™me revue, Djamchid Assadi de l’ESC Dijon affirme que le storytelling comporte¬†une part d’ensorcellement : “la communication est elle-m√™me une manipulation ! On √©met un message pour avoir quelques effets sur son interlocuteur“.

Le marketing et le design ont donc la m√™me finalit√© : plaire au client. Les techniques sont cependant diff√©rentes, ce qui peut mener √† des incompr√©hensions. Le design en tant que “pratique extr√™mement qualitative” doit pouvoir s’imposer face √† “l’approche quantitative “dure” de certaines branches du marketing“. Une manifestation de cette diff√©rence d’approche est que¬†le design est tr√®s accessible, tout le monde s’estime alors apte √† juger un¬†dessin, peu de personnes peuvent appr√©cier la politique marketing d’une soci√©t√©… Une des erreurs les plus courantes est, selon Nicolas Minvielle, l’emploi du mot “design” en tant qu’adjectif. Cela est sans doute li√© √† la banalisation du style minimaliste et √©pur√©. Evidemment, le design “existe bien au-del√† de certains styles sp√©cifiques“, le retour de l’ornement et de certaines pratiques h√©rit√©es des Arts D√©coratifs le prouvent tr√®s bien.

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Le design est¬†une d√©marche, dont l’objectif est de la r√©elle plus-value est, selon l’auteur, la transformation, le “questionnement du dessein de l’entreprise“. Le marketing, quant √† lui, a pour r√īle de formuler concr√®tement ce¬†dessein. La difficult√© dans la collaboration design/marketing est sans doute de trouver un terrain d’entente entre les contraintes impos√©es par le marketing (l’ADN du produit par exemple) et les innovations d’usage propos√©es par le design. La forme et la fonction ne sont plus s√©par√©es,¬†le designer doit comprendre le client-utilisateur et ses besoins pour cr√©er un produit qui r√©pond √† un besoin existant ou inexistant. Autrement dit : la “traduction d’un dessein au travers d’un dessin“.

La nouvelle relation des marques aux consommateurs

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Vous vous √™tes encore fait attraper par votre sup√©rieur √† “tweeter” o√Ļ √† tra√ģner sur¬†facebook? Expliquez-lui tout simplement que vous √™tes en train de faire de la veille strat√©gique pour la soci√©t√©… ou mieux : dites-lui que vous √™tes √† l’√©coute de ses clients. Car c’est ainsi que les entreprises doivent proc√©der aujourd’hui, la¬†perspective relationnelle √©tant plus compl√®te que l’approche purement transactionnelle qui r√©duit les¬†√©motions et l’engagement du consommateur √† leur minimum. Ce consommateur qui s’identifie et se cat√©gorise par les marques. Analyse d’une tendance que certaines grandes marques ont d√©j√† tr√®s bien int√©gr√©es.

Cette semaine est sorti le classement des marques les plus valoris√©es du monde, donnant d’ailleurs lieu √† un¬†post sur le blog. Nous avons bri√®vement √©voqu√© le classement¬†Engagementdb, qui observe, quantifie et qualifie pour la premi√®re fois l’engagement de ces 100 marques dans les r√©seaux sociaux. Nous reviendrons √† ce classement √† la fin, apr√®s avoir abord√© cette tendance nouvelle de participation du consommateur √† la vie des produits et des marques.

Une¬†marque est, d’apr√®s le tr√®s complet dictionnaire en ligne¬†TLF, un “signe commercial distinctif (…) appos√© diversement sur l’article, sur l’emballage (…) dans le but d’en indiquer l’appellation commerciale, la fabrique d’origine, l’entreprise de distribution“. Mais du point de vue marketing, on pourrait ajouter qu’une marque est aussi associ√©e √† un r√©cit, une promesse voire √† des valeurs particuli√®res. C’est ce¬†“surplus de sens et de valeur“, comme l’√©crit Lionel Sitz, professeur de Marketing √† l’EMLyon, dans le magazine Marketing Grandes Ecoles, qui est¬†valoris√© par le consommateur et lui donne envie d’acheter un produit de marque. Et quand il devient difficile de v√©hiculer cette valeur de mani√®re traditionnelle, il faut soit insister, “matraquer” davantage, ou trouver une nouvelle mani√®re d’entrer en communication :¬†internet.

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Effectivement, c’est depuis la derni√®re d√©cennie du XX√® si√®cle que ce ph√©nom√®ne a pris de l’importance. Non pas qu’on ne puisse plus faire de pub, mais ce sont les consommateurs eux-m√™mes qui changent. Face √† cette “emprise des marques dans l’intimit√© des consommateurs“, des formes de r√©sistance se cr√©ent : rejet de la publicit√© (voir¬†adbusters), association des consommateurs… l’essor des MDD n’est pas non-plus un hasard. Facilit√© par le d√©veloppement de technologies, le regroupement en r√©seaux ou encore la fragmentation des m√©dias, “il est (devenu) ardu voire impossible d’imposer une image de marque unique“. Les marketers¬†ne ma√ģtrisent plus l’image de leur marque (c’est flippant!), qui “se constitue √† l’intersection de multiples r√©cits“, et doivent donc adopter le¬†branding culturel.

Selon Lionel Sitz, les marques n’√©voluent plus dans le m√™me contexte qu’auparavant, la concurrence √©tant devenueculturelle. Ainsi, “Nike n’est pas seulement en concurrence avec Puma ou Adidas ; elle concurrence √©galement Disney, Nespresso ou Google“, et ce pour “s’imposer en tant que r√©f√©rence culturelle“. Pour acqu√©rir une telle image, une telle¬†auram√™me les publicitaires conseillent des¬†techniques comme le¬†product placement, le¬†product endorsement, le¬†storytelling

La¬†marque doit √™tre “racont√©e” pour susciter de l’√©motion de l’implication. Marketing Grandes Ecoles a interrog√© Djamchid Assadi, enseignant/chercheur √† l’ESC Dijon et auteur du livre “Storytelling en marketing”, qui affirme que face √† une bonne histoire, “non seulement l’interlocuteur est r√©ceptif mais encore mieux, il participe √† la construction et √† la diffusion de l’histoire“. Depuis longtemps utilis√© en¬†politique, le storytelling s’est d√©velopp√© dans le monde de l’entreprise, que ce soit pour le management des hommes ou le marketing. Les conseillers en communication (spin-doctors) de Barack Obama ont fait en sorte que son “histoire” se raconte en long et en large dans les m√©dias, le culte du self-made-man √©tant fondateur de la soci√©t√© am√©ricaine. Assadi : “Il est dit d’ailleurs que l’on a plus vot√© pour l’histoire d’Obama que pour lui-m√™me“.

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Non sans rappeler le sociologue de la consommation Jean Baudrillard, Lionel Sitz de l’EMLyon pr√īne donc une ouverture des marketers √† de nouvelles disciplines, et √† de nouvelles techniques. Le consommateur, lui, veut¬†participer √† tout : de l’id√©e¬†(MyStarbucksIdea)¬†√† la publicit√© (The T-Mobile Dance), en passant par le¬†feedback sur la produit (Twitter/Dell_Mini).

Terminons sur ce fameux classement r√©alis√© par Wetpaint et Altimeter, classant les “100 Global Brands” d’apr√®s leur engagement dans les r√©seaux sociaux. Comme nous l’avions vu dans le post qui √©voquait ce document, c’est¬†Starbucks qui ressort vainqueur de l’analyse, faisant partie des “Mavens” (“experts”), engag√©s dans de nombreux m√©dia sociaux diff√©rents (blogs, r√©seaux sociaux, micro-blogging, forums, sites etc.) et ce de mani√®re coh√©rente. A l’oppos√©, les “Wallflowers” (“girofl√©es”) sont toujours dans une timide phase d’approche, s’aventurant sur peu de projets. On peut y citer McDonald’s ou BP. Bien que les m√©dias et les marques technologiques soient (logiquement?) les secteurs les mieux class√©s, il y a aussi des diff√©rences intra-sectorielles int√©ressantes : Toyota, notamment avec sa Prius, est bien mieux not√©e que Porsche ou Mercedes-Benz. Un brin d’arrogance peut-√™tre…?

Quoi qu’il en soit, la tendance est ind√©niable :¬†internet sera crucial dans la communication de marque. L’ESSCA a d’ailleurs introduit cette ann√©e la sp√©cialisation Web-Marketing, consciente de l’enjeu que repr√©sente ce m√©dia pour l’entreprise. Ceci √©tant dit, m√™me si le¬†site internet de l’Ecole a √©t√© refait √† neuf pour le Centenaire et que le BDE nous a gratifi√© d’un¬†superbe site, m√™me si l’ESSCA a une¬†page facebook (plusieurs, m√™me…) et un¬†profil twitter, on ne sent pas encore de ma√ģtrise de la communication num√©rique. Un article de la derni√®re √©dition de Marketing Grandes Ecoles est assez clair : les Ecoles fran√ßaises sont √† la tra√ģne, surtout lorsqu’il s’agit de se vendre… sur internet.

Ils ont des ballons ronds‚Ķ vive les Bretons

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La saison 2008-2009 a √©t√© excellente pour la majorit√© des clubs de football bretons, exception faite du FCNA qui sombre dans les profondeurs de la Ligue 2. Avec¬†six clubs bretons r√©partis dans les deux premi√®res¬†ligues professionelles, on peut se poser la question de leur strat√©gie et du¬†rayonnement¬†au sein de la r√©gion, sachant que certains d’entre-eux pr√©f√®rent une visibilit√© nationale.¬†Analyse du mod√®le √©conomique de ces¬†organisations ayant¬†toutes le statut sp√©cifique¬†de¬†soci√©t√©s anonymes sportives professionnelles (SASP).

Comme le dit No√ęl Le Gra√ęt concernant l’En Avant de Guingamp, “nous ne comptons pas 83 sponsors mais bien 83 partenaires au sein de la SASP“. En effet, le chef d’entreprise breton a f√©der√© de nombreuses entreprises locales autour du vainqueur de la Coupe de France 2009. “M√™me si¬†Stalaven est notre sponsor maillots, personne n’a plus de 13% du capital” explique-t-il dans la derni√®re √©dition de Bretagne Economique. Le club tient √† rassembler les d√©cideurs locaux (C√ītes d’Armor et Finist√®re) et ce sont ainsi 950 VIP qui se retrouvent √† chaque match au Stade du Roudourou, r√©nov√© il y a un an et demi. Le responsable de la communication, Fred Le Grand, dit lui-m√™me que la victoire en Coupe de France “n’est que du bonheur ! [Cela] vous redope un club et les partenaires avec...”. En plus de gonfler le moral du club, cette victoire gonfle le budget puisqu’elle lui raporte un total d’1,8M‚ā¨. (voir graphique)

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Le¬†Stade Brestois n’a certes pas eu la chance de gagner la Coupe de France contre le g√©ant Rennais, Par contre, il peut compter sur un nombre encore plus grand d’entreprises pour le soutenir, puisque 420 -essentiellement locales- soutiennent le seul club finist√©rien de l’√©lite. L’ancien joueur professionnel Pascal Robert, aujourd’hui directeur marketing et commercial du Stade Brestois 29 explique que la communication est bas√©e sur deux axes : “d’un c√īt√© il y a tout ce qui a trait √† la visibilit√© (maillots, site, panneautique etc.) et de l’autre ce qui touche aux relations publiques avec les loges et 1 200 places VIP“. Le sponsor maillot¬†Qu√©guiner Mat√©riaux est peut-√™tre le plus g√©n√©reux, mais loin d’√™tre le seul √† soutenir le club (association et SASP), comme le montre l’impressionnante liste de partenaires du¬†site.

Le dernier des clubs de seconde division, le¬†Vannes Olympique Club, a fait un parcours remarquable en Coupe de la Ligue puisqu’ils sont aller affronter les Girondins de Bordeaux au Stade de France, gr√Ęce √† une victoire sur Nice en f√©vrier de cette ann√©e. Egalement scind√© en deux (SASP professionnelle¬†et Club amateurs),¬†le VOC¬†peut compter sur ses¬†sponsors priv√©s pour se financer (1 million d’‚ā¨), mais l’essentiel des revenus proviennent tout de m√™me des droits TV (4 millions d’‚ā¨) si importants pour les clubs de football. Ce montant, le plus faible des clubs bretons, contribue √† un budget d’environ¬†7 millions d’‚ā¨, dont 1,2 millions proviennent de leur parcours en Coupe de la Ligue.

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Avec un budget d’environ¬†23 millions d’‚ā¨, le¬†FC Lorient fait figure de ptit poucet dans les budgets de la Ligue 1.¬†Les droits TV que touchent les merlus¬†s’√©l√®vent √† 18 millions d’‚ā¨ (contre 45 millions d”‚ā¨ pour Marseille et 13 millions pour Le Havre), le reste provenant des autres sources de revenus d√©j√† cit√©es dans le billet. Le directeur marketing et commercial du FC Lorient, Fabrice Devillers, nous raconte qu’√† son arriv√©e, le club comptait “beaucoup trop de partenaires. J’ai voulu mettre en place une vraie strat√©gie avec une hi√©rarchie. Sans cela, quel est l’int√©r√™t pour le partenaire?“. Ainsi, 250 entreprises ont du choisir entre des tickets d’entr√©e allant de 500‚ā¨ pour les¬†associ√©s commerciaux √† 500 000‚ā¨ pour les¬†parrains officiels (7 maximum). L’id√©e de l’ancien responsable marketing¬† √† la FFF est de cr√©er √† Lorient “tout un r√©seau qui profite au plus grand nombre de nos partenaires : que dans tel h√ītel [B&B Hotels, ndlr], on d√©guste les biscuits La Trinitaine avant de roulet en Toyota“. Si c’√©tait si simple que √ßa…

Auteur d’une saison catastrophique, le¬†FC Nantes Atlantique va retrouver la Ligue 2 l’ann√©e prochaine. En cet √©t√© 2009, il n’y a bien eu que Johnny Hallyday pour remplir la Beaujoire, puisque les tribunes du stade ont √©t√© d√©sert√©es en cette fin de saison. Pourtant, les nantais aiment leur club et leur attachement √† la Bretagne s’est encore une fois manifest√© lors du choix concernant le logo du club. Ainsi, fin 2007, les supporters ont pl√©biscit√© un nouveau logo qui r√©int√©grait les hermines peu √† peu abandonn√©es depuis les ann√©es 70. Le budget du FCNA s’√©l√®vait √† 42 millions d’‚ā¨ pour la saison pass√©e¬†et risque d’√™tre serieusement amput√© √† cause de la descente en Ligue 2. Selon Jean-Claude Jaunait (ancien pr√©sident du Medef 44 et ancien secr√©taire g√©n√©ral de la SASP du FC Nantes),¬†“le budget va √™tre divis√© par deux. C’est donc 20 √† 30 millions d’euros qui ne seront pas d√©pens√©s directement et indirectement par cette entreprise nantaise”.

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Le grand rival rennais, lui, peut toujours compter sur les Pinault (Fran√ßois, le p√®re et Fran√ßois-Henri, le fils)¬†pour¬†leur soutien financier. Via la holding¬†Art√©mis, le¬†groupe PPR d√©tient 100% du¬†Stade Rennais et contribue fortement aux presque 10 millions d’‚ā¨ de revenus provenant du sponsoring, notamment en y associant¬†Puma (dont il d√©tient 62%)¬†comme √©quipementier. De plus en plus de voix √©voquent le d√©sengagement du¬†conglom√©rat d’entreprises touch√© par la crise, laissant ainsi place √† diff√©rents repreneurs √©ventuels.¬†L’entr√©e de nouveaux investisseurs a √©t√© √©voqu√©, ainsi que le¬†naming du stade de la¬†Route de Lorient.¬†Le directeur commercial et marketing du club, St√©phane Pouget, pr√©f√®re parler d’une appelation commerciale qui aurait donn√© √† un annonceur une tr√®s belle visibilit√©. Aujourd’hui, plusieurs¬†“annonceurs” ont d√©clin√© l’offre pour laquelle le Stade Rennais demandait 3,5 millions d’‚ā¨ : la Soci√©t√© G√©n√©rale, le Cr√©dit Agricole et… le Cr√©dit Mutuel de Bretagne – Ark√©a qui √©tait int√©ress√© par un¬†Fortuneo Stadium. La ville de Rennes, propri√©taire du stade,¬†a refus√© l’id√©e. Fortun√©o ne sera QUE sponsor maillot pour la saison prochaine (2009-2010)…

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Le fixie, dernier hype dans les villes

M√™me si j’√©tais le seul √† m’y int√©resser, j’avais d√©j√† remarqu√© ces v√©los lors de notre semaine √†¬†New York, en octobre 2007. Ces montures d√©pouill√©es de toute “fonctionnalit√©” (roue libre, vitesses, freins !) ont pourtant un certain charme, et pour cause. C’est maintenant une des derni√®res tendance en mati√®re de d√©placement en milieu urbain, mais il n’est pas donn√© √† chacun de ma√ģtriser un tel v√©lo √† pignon fixe, surtout dans une circulation imposant des changements de rythme et de direction fr√©quents. Plus qu’un moyen de mobilit√©, il s’est cr√©√© aujourd’hui toute une communaut√© autour des¬†fixed-gear bicyles.

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New York City (octobre 2007)

N√©s au Royaume-Uni o√Ļ certains cyclistes utilisaient le m√™me v√©lo pour les courses sur route, sur piste (pignon fixe obligatoire), les contre-la-montre et les d√©placements urbains , les fixies sont tr√®s populaires en Am√©rique du Nord. Ils ont notamment √©t√©¬†popularis√©s par les coursiers cyclistes, qui cherchaient un v√©lo abordable et pratique (track-standing, ou sur-place), n√©c√©ssitant peu d’entretien. En plus, le fait de supprimer tout le superflu permettait de r√©duire le risque de vol et leur donnait donc la possibilt√© de laisser la bicyclette en bas du building, le cadre attach√© au panneau par une grosse cha√ģne.

 

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New York City (octobre 2007)

Les fixies sont presque toujours des¬†v√©los de piste “recycl√©s”, tubes en acier uni quand ils ne sont pas recouverts par du ruban adh√©sif. En effet, la r√©cup√©ration et le syst√®me D sont la r√®gle. Loin d’√™tre une question de moyens mat√©riels, c’est surtout un style qui s’est impos√©. Je ne pense pas que le coursier sur le droite de la photo sache que son maillot est celui de la Diquigiovanni et date de la fin des ann√©es 90. Autre d√©tail frappant: les “spoke cards“. Ces cartes de tailles et formes diverses que les bike messengers coincent entre les rayons des roues sont aujourd’hui porteurs de messages de comm√©moration pour des messengers d√©c√©d√©s, de messages politiques ou tout simplement des oeuvres d’art.

La communaut√© fixie est tr√®s h√©t√©roclyte et adepte de l’old school. Non-seulement leurs v√©los sont souvent assez anciens, mais les maillots¬†Solo au look vintage ne sont qu’un exemple du succ√®s du style old-school popularis√© par les coursiers cyclistes de l’Am√©rique de Nord. J’ai lu dans un V√©lo Magazine d’il y a un an ou deux un article sur le succ√®s des v√©los au Japon, le cycliste sur la photo portait un maillot “Brooklyn”, de Solo.

Un dernier aspect de fixies est leur maniabilit√© qui ne permet pas seulement de faire du sur-place, mais √©galement de faire des figures et de jouer au v√©lo-polo! Comme √† San Francisco , les passionn√©s organisent des¬†comp√©titions de “skid, ou “coasting“. Le but est de faire le plus long d√©rapage et bloquant la roue arri√®re et en se penchant en avant pour minimiser la force de freinage de la roue arri√®re, c’est tr√®s impressionnant. Le second type de contest est aussi une discipline officielle de la FFC: le bike-polo¬†[watch].

L’effet de mode est lanc√©, ce qui va sans doute conduire pas mal d’industriels √† en profiter. Une des marques d√©j√† bien pr√©sentes est le constructeur allemand¬†USED (“urban steel bikes“). Ca vaut bien le coup d’acheter un v√©lo au look us√©, surtout lorsque la mode est au r√©cup√©rage… Remarque : mes grands-m√®res disent la m√™me chose √† propose de mes jeans d√©lav√©s.