La stratégie de la banque SAXO sur le Tour 2009

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Depuis le retrait de l’entreprise CSC, ancien sponsor titre de l’équipe dirigée par Bjarne Riis (via sa société Riis Cycling), la société Saxo Bank s’est installée dans les pelotons en “reprenant” un collectif considéré par beaucoup comme la meilleurs équipe du monde. Pour les sponsors d’équipe, le Tour de France (plus grand spectacle sportif gratuit au monde) est souvent au centre d’une stratégie marketing soigneusement préparée, idéalement intégrée dans un plan de communication plus large (Walliser, 2006). Le succès sportif ayant été au rendez-vous cette année, penchons-nous sur la stratégie de la marque Saxo Bank, qui était déjà co-sponsor (Team CSC-Saxo Bank) lors de l’édition 2008 , année de l’entrée de la banque sur le marché français.

Saxo Bank est une banque d’investissement d’origine danoise aujourd’hui basée en Suisse. La société est aujourd’hui l’unique sponsor nominatif de l’équipe Pro Tour Team Saxo Bank, contrairement à ce qui avait été annoncé par Bjarne Riis en septembre 2008. En effet, l’entreprise IT Factory s’était engagée aux auprès de Riis Cycling, mais la société de services informatiques a été mise en liquidation judiciaire deux mois plus tard, son patron disparaissant du côté de Dubaï… Cela fait donc maintenant plus d’un an que la marque Saxo est présente dans les médias de masse via son investissement dans le sport, ce qui la rend visible au grand public.

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image : http://paris.thover.com/

Comme la voile, la spécificité du cyclisme réside dans le naming du collectif sponsorisé. Ainsi, l’équipe ne porte pas le nom d’un territoire (ville, pays) mais celui de l’entreprise qui la sponsorise. Celle-ci peut être de la même nationalité que la société qui gère l’équipe (comme Riis Cycling et Saxo Bank, sociétés danoises) mais aussi d’une nationalité différente. Citons la société espagnole Abarca Sports qui gère l’équipe Caisse d’Epargne, dont l’effectif est majoritairement composé de coureurs espagnols. Ce naming fait donc du cyclisme un sport très attractif dans le sens où il permet une très bonne mémorisation du nom, donc de la marque. Selon Frédéric Bolotny, économiste spécialisé dans le sport, le cyclisme “représente un des sports qui assure le meilleur retour sur investissement au sponsor“. Un exemple : pour AG2R, sponsor nominatif de l’équipe cycliste du même nom, les retombées médiatiques du premier semestre 2008 représentaient 47 millions d’€ d’équivalent publicitaire, pour un budget d’équipe s’élevant à environ 7 millions d’€. Avec un coût de 0,00257 € par contact, l’efficacité économique est indéniable.

L’entreprise Saxo Bank avoue d’ailleurs ne pas avoir de lien affectif particulier avec le cyclisme, c’est bien l’efficacité de la communication a convaincu les décisionnaires. Selon Lars Christensen, co-président de la banque, “l’élément moteur de notre collaboration avec l’équipe Riis Cycling, c’est que notre profil est raisonnablement assez proche de celui d’une équipe professionnelle : à la fois international et local“. Quant il parle de local, le manager évoque notamment les 15 nationalités représentées dans l’effectif. Des stars comme Jens Voigt (Allemagne), Alexander Kolobnev (Russie), Fabian Cancellara (Suisse) ou les frères Schleck (Luxembourg) permettent de cibler des publics différents (qui a parlé de paradis fiscaux?). Les sommes investies sont variables, mais l’on peut dire que pour 6 à 8 millions d’€ annuels, une entreprise peut devenir sponsor titre d’une équipe de bon niveau. A titre de comparaison : comptez 30 à 40 millions d’€ par an pour être partenaire de rang 1 d’une écurie de Formule 1, sport le plus onéreux qui soit en terme de marketing sportif.

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La banque Saxo Bank assure une grosse partie du budget annuel de l’équipe (28 coureurs) de 7 millions d’€. Les risques du sponsoring sont divers, mais les spécialistes sont d’accord pour affirmer qu’il est plus sûr de sponsoriser un collectif que des individus (Tribou et Augé, 2009). Le cyclisme présente cependant un risque considérable aux yeux des entreprises : les affaires de dopage. On peut bien sûr affirmer (comme Frédéric Bolotny dans une interview donnée au magazine Capital.fr) qu’une affaire de dopage augmente la notoriété de la marque, mais il est évident que celle-ci n’est pas positive. Ce risque fait partie de l’incertitude inhérente au sponsoring sportif. Pour réduire ce risque, la Saxo Bank investit 200 000 à 300 000 € annuels dans un programme interne de lutte contre le dopage, en plus du coût que représente le passeport biologique instauré par l’Union Cycliste Internationale.

Mais la stratégie marketing de la Saxo Bank ne cible pas seulement le grand public et les professionnels de la finance. L’entreprise utilise cet engagement comme moyen de motiver ses salariés, en les fédérant autour des valeurs de performance et d’excellence, mais aussi et surtout en les faisant venir sur le Tour. Comme l’explique Pierre-Antoine Dusoulier, patron de Saxo Banque France, la société a proposé à ses 25 salariés parisiens de passer le week-end à Verbier (Suisse, ville étape du Tour 2009) et de participer à l’entraînement des coureurs. Le meilleur commercial du mois de mai a été invité VIP au Grand Départ de Monaco. Les trois meilleurs commerciaux du mois de juin ont été invités sur l’étape d’Annecy. Un des vélos du contre-la-montre d’Annecy a été offert à un heureux élu de la société… Les incentives n’ont pas manqué !

Il faut dire qu’elles sont nécéssaires. Comme le dit Lars Christensen, “ce n’est pas un coureur d’une équipe grimper sur un podium, qu’on va ouvrir un compte chez Saxo Bank“. Il s’agit bien d’améliorer la notoriété de la marque (objectif cognitif) et d’instaurer un lien particulier avec le consommateur (objectif affectif), mais les attentes ne sont pas commerciales (objectif connatif : provoquer l’achat). Etant donné que la moitié des revenus de la banque proviennent de partenariats avec des banques tierces (trading via Saxo Trader), la communication ne cible pas exclusivement les particuliers. Le jour du Grand Départ monégasque, où Cancellara a pris le mailot jaune, la banque a lancé un site internet présentant l’équipe, qui sera alimenté par du contenu éditorial et multimédia pendant toute la durée de la compétition. L’onglet “Offers” s’adresse visiblement aux professionnels puisqu’il présente l’offre professionelle de Saxo Bank.

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Selon Laurits Fischer-Hansen, responsable des parrainages et partenariats, “le Tour de France coïncide avec une forte augmentation de la présence de la marque dans les médias“. D’habitude, l’été marque une période creuse pour les banques. Le calendrier cycliste permet donc à Saxo Bank d’être (très) visible pendant cette période. Après la première apparition de la marque bleue-et-blanche lors de l’édition 2008 (victoire de l’espagnol Carlos Sastre), son taux de notoriété suggérée a bondi de 50%. Au sponsoring de visibilité de l’année dernière s’ajoute, cette année, une composante interne de motivation des salariés.

Alors ? Le Tour a-t-il dopé les résultats de la banque Saxo ? Lars Christensen explique que l’institution améliore sa situation concurrentielle, puisqu’elle effectue exclusivement des opérations d’investissement et de négoce, contrairement aux banques transactionnelles qui tirent une partie de leurs revenus des prêts qu’ils accordent. Il avoue cependant que “les premiers mois de 2009 ont été relativement peu actifs en terme de trading en raison de la prudence des investisseurs“. Le rapport semestriel de la banque annonce un recul des bénéfices (7 millions d’€, contre 21 millions d’€ en 2008), qui s’expliquent en partie par une augmentation des coûts d’exploitation (= ouverture de nouveaux bureaux à l’international). Forte du gain de notoriété apporté par son sponsoring, Saxo Bank investit pour renforcer sa présence internationale. Cette stratégie d’expansion internationale a fait ses preuves : l’entreprise belge QuickStep a significativement accru son ouverture internationale depuis ses débuts dans le cyclisme en 2003.

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L’art de la communication, ou la communication par l’art : Lance Armstrong en 2009

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Depuis le retour de Lance Armstrong, les demandes d’accréditations-presse aux courses auxquelles il participe explosent. Les médias s’intéressent beaucoup au phénomène Armstrong, et ce dernier profite de l’attention pour promouvoir son image et celle de sa fondation, Livestrong. Mais le talent d’Armstrong n’est pas seulement sportif (c’est pourquoi je persiste à croire qu’il est un des seuls au monde à pouvoir atteindre le podium du Tour sans aide illicite… si c’est le cas ? c’est une autre histoire…) mais également médiatique, puisqu’il a réussi à attirer une énorme attention via… ses vélos. Zoom.

Lance Armstrong roule sur Trek depuis longtemps, et a glâné ses 7 victoires sur le Tour sur des vélos de la marque texanne. Son retour lui a permis d’attirer beaucoup d’attention des médias, monopolisant l’attention de chaque sortie d’entraînement avec son équipe Astana, ou plutôt celle qui a bien voulu l’accueillir. Effectivement, il ne l’a pas vraiment joué collectif puisqu’il portait plus souvent ses tenues Livestrong que les couleurs kazakhs de l’équipe Astana. Mais un autre détail attirait souvent mon attention : son vélo.

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Pour chaque grande course, un nouveau design. La première grande apparition d’Armstrong s’est faite sur la Primavera, très longue classique reliant Milan à San Remo (300km). Pour cette course, Lance Armstrong a demandé à KAWS de décorer son Trek, modèle Madone au plus haut de la gamme. L’artiste américain qui s’appelle en réalité Brian Donnelley est connu pour ses peintures urbaines et détournement de publicités dans les rues de Soho, New York. Les abribus ne sont pas son seul support, sa notoriété le fait exposer des oeuvres dans les plus grandes galleries du monde. Pour le vélo de Lance Armstrong, les motifs de dents font des roues deux grandes gueules, prêtes à bouffer de l’asphalte !

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Toujours décoré du “1274” qui représente le nombre de jours pendant lesquels L.A. n’a pas couru, ce vélo de contre-la-montre a été décoré par l’artiste pop-art Kenny Scharf. Ayant notamment travaillé avec Keith Haring, le californien a décoré le modèle Equinox TTX de Trek pour l’édition centenaire du Tour d’Italie à laquelle Armstrong a participé cette année. Petit détail rigolo : Kenny Scharf vend certaines oeuvres et des produits dérivés dans son “Scharf Schack“, mot qui veut dire “cabane”. C’est aussi le nom du sponsor de la futur équipe de Lance Armstrong : RadioShack (ou The Shack, nouveau nom que la chaîne de distribution se donne). Le vélo de route utilisé par Lance sur les étapes traditionnelles est quant-à-lui décoré par Shepard Fairey, père du fameux “HOPE” de Barack Obama. Il reprend -en jaune et noir- les motifs classiques que l’on trouve dans les palaces vénitiens.

D’autres vélos ont été utilisés par l’impressionnant américain, comme l’assez peu spectaculaire Equinox TTX décoré par le designer Marc Newson et utilisé sur le prologue du Tour à Monaco. Sur les autres étapes, non-chronométrées, de ce Tour 2009 le coureur d’Astana enjembait sagement un Trek Madone assez sobre, peut-être à la demande de Trek… Le contre-la-montre individuel d’Annecy a été disputé sur une monture Trek Speed Concept toute jaune, onirique, peinte par le japonaisYoshitomo Nara. Cet artiste au look punk dessine beaucoup de motifs enfantins qui s’arrachent à prix d’or aux quatre coins du monde aujourd’hui. Le tube horizontal du vélo arbore un “Never forget your beginner’s spirit“, comme le montre ce lienTwitter. Etant donné que L.A. est passé triathlète professionnel à 16 ans seulement, surclassant beaucoup de ses concurrents établis, on peut être sur que l’américain se remémore volontiers ces moments de débutant.

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Sur l’étape finale reliant Montereau-Fault-Yonne aux Champs Elysées, Armstrong a roulé sur un vélo décoré par le très bling-bling Damien Hirst. Cet artiste anglais est sans doute le plus médiatique dans les hautes sphères artistiques à notre époque. Sa sculpture la plus connue, un crâne en platine recouvert de 8000 diamants “For the love of God” aurait été vendu pour 50 millions de livres… L’affaire semble cependant assez opaque (lien). Le vélo de Lance Armstrong était en tout cas recouvert de papillons, sans doute une métaphore de la renaissance du sportif. Damien Hirst travaillait déjà avec des ailes de papillon pour en faire des tableaux en forme de vitraux d’église. Ce post montre d’autres des ses… oeuvres.

Intéressé par l’art contemporain et fada de vélo, je trouve cette approche très originale et ça me plaît beaucoup ! Il est certain que n’importe quel coureur ne pourrait se faire remarquer ainsi, mais c’est une nouvelle manière pour Lance/Livestrong/Trek/Astana de faire parler d’eux. En tout cas si vous voulez d’autres images, Trek présente “The Bikes Of Stages” sur le site internet de la marque. Il faut dire que ces vélos doivent être vendus aux enchères au profit de la fondation Livestrong, il convient donc de bien les présenter ! C’est dommage que je n’aie pas trouvé les conditions “économiques” de l’échange entre Armstrong et ces artistes : ont ils décoré les vélos totalement gratuitement ? L’intégralité des recettes iront-elles à Livestrong ? A approfondir.

Mise à jour du 9 novembre 2011: regardez cette belle illustration partagée sur le Tumblr du Bicycle Store:

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Magnifique!

Cas en Marketing, Hertrich & Mayrhofer, éd. EMS (2008)

Cas en Marketing, Hertrich & Mayrhofer, éd. EMS (2008)

Sur un peu plus de 200 pages le livre recueille 12 cas réels d’entreprises qui couvrent différents domaines (Futuroscope, Procter&Gamble, Levi’s, Media Markt, Carrefour au Japon etc.), que ce soit au sujet du marketing stratégique, opérationnel ou plus spécifique, comme le marketing du sport. Les deux cas que j’ai lus avec le plus d’attention étaient Lenovo qui aborde la politique de communication de l’entreprise chinoise, et celui de l’Union Cycliste Internationale (UCI) qui traite des spécificités du marketing du sport.

Lenovo HQ

Björn Walliser et Saskia Faulk se sont penché sur le cas Lenovo, et plus particulièrement sur l’opportunité qu’a eu à partir de 2007 l’entreprise technologique de s’associer à la Ligue Américaine de Basket-Ball Féminin, ou WNBA. Lenovo est un des leaders sur le marché global de l’ordinateur et soutient différentes équipes et programmes sportifs. Parmi ceux-là, on peut citer l’association de Lenovo avec la Ligue Américaine de Basket-Ball (NBA). Le but de ce partenariat est d’augmenter la notoriété et la reconnaissance de la marque, née en 2003 de l’acquisition par Legend de la division micro-informatique de IBM. Ainsi, Lenovo est l’Official PC Partner of the NBA et équipe le staff pour toutes les opérations de la Ligue, cela lui confère aussi les droits marketing aux USA et en Chine. La WNBA, regardée par un public surtout féminin, compte déjà de nombreux partenaires en 2007, parmi lesquels AOL et T-Mobile qui sont des entreprises technologiques, au sens large du terme. Le corrigé du cas précise que le parrainage sportif joue un rôle important dans une stratégie de communication intégrée(Walliser, 2006). De plus, il est indispensable que la WNBA intéresse le même public que les cibles de Lenovo, afin qu’une attitude favorable puisse être adoptée vis-à-vis de la marque. En effet, la notoriété et l’image sont les variables que Lenovo entend améliorer, puisque la marque est très récente. Les messages sont souvent brefs et donc peu aptes à créer une habitude d’achat, c’est pourquoi il s’agit d’un moyen de communication parmi d’autres (opérations commerciales, publicité explicative etc.) dans une approche de communication intégrée. De plus, Lenovo pourra mettre en avant ses produits (équipements officiels) et son savoir-faire en traitement de données (statistiques de match). En parallèle, Lenovo gagnerait à parrainer une joueuse star de la Ligue, comme Deanna Nolan, car cela « rajouterait de l’émotion à l’action de Lenovo ». Bien entendu, cela va aussi dans le sens de l’intégration du parrainage, ce qui engendre logiquement des scores de mémorisation plus intéressants.

D. Nola, à parrainer, selon les auteurs

Pour la WNBA, les avantages dépassent l’aspect financier. Etant donné que Lenovo est déjà partenaire de la NBA, la crédibilité de la WNBA se trouve renforcée par le partenariat. De plus, les compétences qu’apportent Lenovo sont d’ordre organisationnel, médiatique, juridique et même relationnelles, puisque la WNBA obtient ainsi une porte d’entrée au marché chinois. Les auteurs concluent donc sur les nombreux avantages qu’entraînerait une coopération entre les deux organisations, puisqu’un partenariat constituerait une extension logique de la collaboration débutée avec la NBA, et qu’il profitterait aux deux parties. Le site actuel de la WNBA arbore cependant le logo de Hewlett-Peckard, ce qui semble indiquer que les dirigeants n’ont pas du pouvoir se mettre d’accord sur un partenariat satisfaisant…

Logo UCI

Concernant le marketing du sport, le cas de l’Union Cycliste Internationale est également intéressant. L’UCI se doit effectivement d’adopter une stratégie marketing pour la promotion des Championnats du Monde de cyclisme sur route, et elle doit se présenter comme une marque qui doit entretenir son image et son attractivité. L’évènement doit se positionner face à la concurrence directe que représentent les autres courses du calendrier international, et face à la concurrence élargie qui est constituée d’autres évènements sportifs voire culturels.

Les principaux avantages concurrentiels de l’UCI sont tout d’abord son monopole en matière d’organisation des championnats officiels et l’excellence sportive qui en découle, mais aussi son amateurisme, dans le sens où… Du choix du lieu de la course à celui des sponsors, l’UCI doit collaborer avec le Comité d’Organisation du championnat. Par exemple faut-il prendre en compte les partenaires de l’UCI (Santini, Shimano, Skoda, Tissot, IT Computers ou encore l’Union Européenne de Radiotélévision) pour respecter les éventuelles clauses d’exclusivité. De plus, l’UCI impose certaines contraintes comme le design du logo, dont une partie est réglementée (couleurs de l’UCI).

Logos des championnats du monde (charte graphique imposée)

Pour les championnats de 2007, qui se tenaient à Stuttgart (Allemagne), les deux axes de communication de l’UCI étaient la dimension écologique du cyclisme et la lutte contre le dopage. Le public visé par ces messages est le « consommateur » dont la culture sportive est partagée entre la « culture des sports traditionnels » (pratique encadrée, fédérations sportives etc.) et la « culture des sports consommés » (pratique loisir, fréquentation des clubs de sport, spectacles sportifs etc.).

Bretagne-Schuller et ses sponsors 2009

Dimanche 28 juin, Dimitri Champion (Bretagne-Schuller) est devenu champion de France de cyclisme sur route. Recalé l’année drnière par Bougues Télécom, il a réussi à rebondir cette année en Bretagne dans cette équipe de niveau Continental, qui est la troisième “catégorie” dans la hiérarchie mondiale du cyclisme professionnel. Alors qu’il terminait 7è du contre-la-montre de jeudi, Dimitri Champion conclut ce week-end briochin avec une magnifique victoire pour lui et son équipe. Les négociations étaient en cours avec les partenaires actuels pour faire grandir ce groupe au-delà des frontières nationales, puisque le budget d’1,6 millions d’euros est encore insuffisant pour pouvoir prétendre au Tour de France, mais l’équipe restera en Continentale l’année prochaine… Petit tour d’horizon de ces partenaires.

Bretagne-Schuller, Generali, Ekoi

Bretagne-Schuller, Inkosport, Alb, Identicar, MBK

Bretagne-Schuller, Noret, Polar

Bretagne-Schuller, Michelin, Sportbreizh, Twinner

Ils ont des ballons ronds… vive les Bretons

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La saison 2008-2009 a été excellente pour la majorité des clubs de football bretons, exception faite du FCNA qui sombre dans les profondeurs de la Ligue 2. Avec six clubs bretons répartis dans les deux premières ligues professionelles, on peut se poser la question de leur stratégie et du rayonnement au sein de la région, sachant que certains d’entre-eux préfèrent une visibilité nationale. Analyse du modèle économique de ces organisations ayant toutes le statut spécifique de sociétés anonymes sportives professionnelles (SASP).

Comme le dit Noël Le Graët concernant l’En Avant de Guingamp, “nous ne comptons pas 83 sponsors mais bien 83 partenaires au sein de la SASP“. En effet, le chef d’entreprise breton a féderé de nombreuses entreprises locales autour du vainqueur de la Coupe de France 2009. “Même si Stalaven est notre sponsor maillots, personne n’a plus de 13% du capital” explique-t-il dans la dernière édition de Bretagne Economique. Le club tient à rassembler les décideurs locaux (Côtes d’Armor et Finistère) et ce sont ainsi 950 VIP qui se retrouvent à chaque match au Stade du Roudourou, rénové il y a un an et demi. Le responsable de la communication, Fred Le Grand, dit lui-même que la victoire en Coupe de France “n’est que du bonheur ! [Cela] vous redope un club et les partenaires avec...”. En plus de gonfler le moral du club, cette victoire gonfle le budget puisqu’elle lui raporte un total d’1,8M€. (voir graphique)

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Le Stade Brestois n’a certes pas eu la chance de gagner la Coupe de France contre le géant Rennais, Par contre, il peut compter sur un nombre encore plus grand d’entreprises pour le soutenir, puisque 420 -essentiellement locales- soutiennent le seul club finistérien de l’élite. L’ancien joueur professionnel Pascal Robert, aujourd’hui directeur marketing et commercial du Stade Brestois 29 explique que la communication est basée sur deux axes : “d’un côté il y a tout ce qui a trait à la visibilité (maillots, site, panneautique etc.) et de l’autre ce qui touche aux relations publiques avec les loges et 1 200 places VIP“. Le sponsor maillot Quéguiner Matériaux est peut-être le plus généreux, mais loin d’être le seul à soutenir le club (association et SASP), comme le montre l’impressionnante liste de partenaires du site.

Le dernier des clubs de seconde division, le Vannes Olympique Club, a fait un parcours remarquable en Coupe de la Ligue puisqu’ils sont aller affronter les Girondins de Bordeaux au Stade de France, grâce à une victoire sur Nice en février de cette année. Egalement scindé en deux (SASP professionnelle et Club amateurs), le VOC peut compter sur ses sponsors privés pour se financer (1 million d’€), mais l’essentiel des revenus proviennent tout de même des droits TV (4 millions d’€) si importants pour les clubs de football. Ce montant, le plus faible des clubs bretons, contribue à un budget d’environ 7 millions d’€, dont 1,2 millions proviennent de leur parcours en Coupe de la Ligue.

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Avec un budget d’environ 23 millions d’€, le FC Lorient fait figure de ptit poucet dans les budgets de la Ligue 1. Les droits TV que touchent les merlus s’élèvent à 18 millions d’€ (contre 45 millions d”€ pour Marseille et 13 millions pour Le Havre), le reste provenant des autres sources de revenus déjà citées dans le billet. Le directeur marketing et commercial du FC Lorient, Fabrice Devillers, nous raconte qu’à son arrivée, le club comptait “beaucoup trop de partenaires. J’ai voulu mettre en place une vraie stratégie avec une hiérarchie. Sans cela, quel est l’intérêt pour le partenaire?“. Ainsi, 250 entreprises ont du choisir entre des tickets d’entrée allant de 500€ pour les associés commerciaux à 500 000€ pour les parrains officiels (7 maximum). L’idée de l’ancien responsable marketing  à la FFF est de créer à Lorient “tout un réseau qui profite au plus grand nombre de nos partenaires : que dans tel hôtel [B&B Hotels, ndlr], on déguste les biscuits La Trinitaine avant de roulet en Toyota“. Si c’était si simple que ça…

Auteur d’une saison catastrophique, le FC Nantes Atlantique va retrouver la Ligue 2 l’année prochaine. En cet été 2009, il n’y a bien eu que Johnny Hallyday pour remplir la Beaujoire, puisque les tribunes du stade ont été désertées en cette fin de saison. Pourtant, les nantais aiment leur club et leur attachement à la Bretagne s’est encore une fois manifesté lors du choix concernant le logo du club. Ainsi, fin 2007, les supporters ont plébiscité un nouveau logo qui réintégrait les hermines peu à peu abandonnées depuis les années 70. Le budget du FCNA s’élèvait à 42 millions d’€ pour la saison passée et risque d’être serieusement amputé à cause de la descente en Ligue 2. Selon Jean-Claude Jaunait (ancien président du Medef 44 et ancien secrétaire général de la SASP du FC Nantes), “le budget va être divisé par deux. C’est donc 20 à 30 millions d’euros qui ne seront pas dépensés directement et indirectement par cette entreprise nantaise”.

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Le grand rival rennais, lui, peut toujours compter sur les Pinault (François, le père et François-Henri, le fils) pour leur soutien financier. Via la holding Artémis, le groupe PPR détient 100% du Stade Rennais et contribue fortement aux presque 10 millions d’€ de revenus provenant du sponsoring, notamment en y associant Puma (dont il détient 62%) comme équipementier. De plus en plus de voix évoquent le désengagement du conglomérat d’entreprises touché par la crise, laissant ainsi place à différents repreneurs éventuels. L’entrée de nouveaux investisseurs a été évoqué, ainsi que le naming du stade de la Route de Lorient. Le directeur commercial et marketing du club, Stéphane Pouget, préfère parler d’une appelation commerciale qui aurait donné à un annonceur une très belle visibilité. Aujourd’hui, plusieurs “annonceurs” ont décliné l’offre pour laquelle le Stade Rennais demandait 3,5 millions d’€ : la Société Générale, le Crédit Agricole et… le Crédit Mutuel de Bretagne – Arkéa qui était intéressé par un Fortuneo Stadium. La ville de Rennes, propriétaire du stade, a refusé l’idée. Fortunéo ne sera QUE sponsor maillot pour la saison prochaine (2009-2010)…

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Porsche Motosport kann auf Sponsoren zählen

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In Zeiten der Krise sind Sponsoren im Motorsport eher rar, doch Porsche Motorsport hat für dieses Jahr einige neue Partnerschaften unterzeichnet. Porsche Motorsport bietet seinen Partnern nicht nur Sichtbarkeit, sondern auch Win-Win-Kooperationen die für die Marken einen höheren Mehrwert darstellt. Zu sehen ist hier der Veltins-Porsche Design Bierkasten, für den die Ingenieure und Designer sagenhafte zwei Jahre Entwicklungszeit benötigt haben. Dazu haben die Motorsportler aus Stuttgart mehr als 200 von ihrem 911 GT3 Cup-Modell verkauft. Kurze Übersicht.

Die Brauerei C.&A. Veltins, bekannt für ihr Engagement an der Seite von Schalke 04, verlängert mehrere Verträge wie z.B. im Porsche-Mobil1-Supercup (Team Veltins MRS), in der Transsyberia Rallye und beim Porsche-Tennis-Grand-Prix. Dazu kommen andere Partnerschaften in Porsche Motorsport, denn für das Veltins-Bier wird auch im Porsche Sports Cup und in der Porsche Clubbetreuung geworben. Selbstverständlich ist dass bei allen Porsche-Events das Bier aus Meschede ausgeschenkt wird, manchmal sogar im von Veltins und Porsche Design gestallteten Bierkasten.

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Wie auf dem Foto zu sehen ist, engagiert sich Loctite (Henkel) auch an Seiten des Porsche-Mobil1-Supercup. Hauptsächlich werden über das Jahr 2009 Kommunikationsaktionen wie Testimonials aus den Paddocks zu sehen werden. Andere Marken die in Porsche einen passenden Partner gefunden haben sind die Felgenspezialisten BBS oder die Uhrenmarke Tudor. Die Marke, die zu Rolex gehört, ist dabei “Timing Partner” des Porsche Motorsports und wird in Zusammenarbeit mit Porsche die Uhrenlinie Grantour einführen. Die Werbung wird natürlich Porsche-Serienfahrzeuge verwenden, und die ersten Neuheiten wurden auf der Baselworld dieses Jahres vorgestellt.

„Unsere Partner erhalten ein starkes Kommunikations- und Eventinstrument rund um die Marke Porsche mit einem messbaren Mehrwert“, so Florian Kurz, Leiter Business Relations bei Porsche Motorsport. „Wir freuen uns über die breite Unterstützung unserer bestehenden und verlängerten Partnerschaften. Stolz macht uns auch die Zusammenarbeit mit neuen starken Marken wie Tudor, Veltins, Loctite oder BBS. Die Tatsache, dass wir auch in schwierigen Zeiten neue Partner gewinnen konnten, zeigt, dass sich unser Vermarktungskonzept für die Motorsport- Aktivitäten der Porsche AG auszahlt“. Na um so besser.