Le marketing des émotions, Georges Chétochine, Editions d’Organisation

Couverture Chetochine-jpgGeorges Chétochine a été pendant 20 ans professeur de Marketing à Paris IX – Dauphine et met en évidence un nouvel enjeu du marketing actuel : transmettre de l’émotion. Le mix marketing de Philip Kotler (ou les 4P) ou le principe de la segmentation de l’offre et de la demande ne sont pas vraiment « obsolètes », mais ils doivent être complétés par le « marketing de l’émotion ». Un livre très intéressant qui, grâce aux nombreux exemples concrets sur lesquels s’appuie l’auteur, permet d’observer une des théories d’évolution du marketing actuel.

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Avant tout, Georges Chétochine revient sur la notion même de marketing. Il rappelle que de nombreuses société aujourd’hui très connues sont nées sans grandes études marketing, mais seulement grâce à la créativité et au labeur de leurs fondateurs (Gilette, Kleenex, Procter & Gamble etc.). Le marketing n’est à l’origine que du bon sens, un moyen intrinsèque de mieux répondre à une demande, ou de la créer…

La marque est un « repère émotionnel » pour le consommateur, qui ne se doit pas d’être chère pour rassurer l’acheteur. Cependant, l’auteur distingue trois classes :

  • ·      La marque absolue : est choisie en priorité par le consommateur. Il est prouvé que les consommateurs achètentNutella grâce à la « cortico-dépendance gustative » des enfants au goût du produit. Ce type de marque (Pedigree, Colgate,  Ariel etc.) génère une « anxiété », entretenue par la publicité.
  • ·      La marque relative : ne procure pas forcément du plaisir à l’utilisateur final, mais l’attachement à la marque permet de résister aux variations de prix jusqu’à un certain niveau. L’exemple de l’huile de tournesol Lesieur  montre que le consommateur n’est pas particulièrement anxieux à utiliser une autre huile pour faire ses salades, et qu’il peut éprouver un certain plaisir à acheteur un produit moins cher.
  • ·      La marque transparente : possède certes une notoriété, mais ne procure pas d’émotion pour autant. Les mouchoirs en papier Kleenex en sont, d’après l’auteur, une bonne illustration : ils se vendent essentiellement grâce à leur présence en linéaire et aux promotions, mais ne résistent plus aux attaques de prix des MDD.

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Maintenant que les besoins des consommateurs sont très largement satisfaits, les marques doivent donc trouver de nouveaux stratagèmes pour entrainer l’acte d’achat. Par exemple la marque de textile American Apparel ou le distributeur E. Leclerc peuvent ainsi se définir comme des « marques combat » qui disent répondre aux nouvelles préoccupations des consommateurs. Edouard Leclerc s’affiche ainsi comme un défenseur du pouvoir d’achat grâce à son engagement prix, etAmerican Apparel conçoit et fabrique ses produits dans des conditions socialement acceptables, aux Etats-Unis.

Dyson, lui, a compris que le sac provoquait une certaine frustration chez la ménagère et que son élimination lui permettait de rendre son produit beaucoup plus attractif. Le produit sans sac élimine l’anxiété “sac” lors de l’utilisation d’un aspirateur . Selon Georges Chétochine, l’enseigne Décathlon doit aussi une partie de son succès à sa « politique de vente zéro-frustration ». Le produit “sport” étant anxiogène par nature, il est important de rassurer le client. Les vendeurs sont donc des conseillers –toujours pratiquants- qui sont chargés de vendre le produit qui convient le mieux au client, sans que ce soit nécessairement le plus cher. Décathlon a aujourd’hui de nombreuses marques propres et innove énormément, ce qui permet à l’enseigne de proposer des produits de bonne qualité à des prix défiant toute la concurrence des marques établies. Le client est satisfait.

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Avec de nombreuses références faites aux sciences cognitives, à la politique ou encore aux particularités de notre époque, Georges Chétochine aborde ainsi l’importance de l’émotion dans notre vie quotidienne. Les exemples de ce “marketing de l’émotion” sont nombreux et se déclinent très différemment. Que ce soit le buzz, le marketing viral, le marketing sensoriel ou les autres nouvelles formes de promotion qui fleurissent notamment depuis l’essor d’internet, toutes jouent sur l’ humanité du consommateur pour capter son attention. Les NTIC ont profondément changé les habitudes d’achat (G. Chétochine parle d’internet comme “un moyen d’éviter toute une série de frustrations quotidiennes”) et une marque doit trouver la subtilité d’intéresser le consommateur être intrusive ou agaçante. Un très bon exemple est la campagne de Dove, qui a très bien marché pendant quelques mois, mais dont l’éfficacité à long terme n’est pas encore prouvée. D’autres exemples sont visibles sur le site Marketing Alternatif.

Un livre destiné aux marketeurs, qui défend un point de vue fort juste. On est cependant en droit de se demander quel sera la prochaine évolution? Que trouveront les marques lorsque le consommateur deviendra perméable à ces techniques? On parle beaucoup de neuromarketing. Les marques commencent-elles à manipuler notre inconscient? Personnellement je pense que plus on se tient au courant de l’actualité du marketing et de la publicité, plus on réfléchit lorsqu’on se trouve confronté à ces messages, et moins on est manipulable.

Mc Luhan ne répond plus – Communiquer c’est cohabiter, Dominique Wolton, éditions L’aube

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Dominique Wolton est un spécialiste de la communication, chercheur au CNRS. Dans ce livre-entretien, il s’exprime sur différents problèmes contemporains et défend l’importance de communiquer entre les individus et les peuples. Très intelligemment, il fait très souvent référence à l’actualité et prend soin d’illustrer ses arguments par des faits concrets. Marshall Mc Luhan était un théoricien de la communication canadien qui, en 1962, parlait pour la première fois du monde comme un “village global”. Cette métaphore évoque le rapprochement entre les citoyens du monde, rendu possible grâce à l’essor impressionnant des NTIC dans notre vie quotidienne. Pourquoi il ne répond plus ? Parce que la cohabitation des cultures est bien plus compliquée qu’on ne le pense…

L’enthousiasme planétaire né suite à l’élection de Barack Obama montre « que nous partageons non seulement des valeurs communes mais aussi des valeurs d’émancipation ». Un des participants à l’entretien, Stéphane Paoli, cite trois évènements fondateurs de notre siècle : le 11 septembre, la crise économique et l’élection de Barack Obama. Ce dernier, « qui représente la moitié de l’humanité par ses mélanges »,  a la difficile tâche d’ouvrir un pays au reste du monde, si diversifié. Le mythe du melting-pot ne mènerait donc pas à une ouverture d’esprit, mais au fait que les américains « confondent leur histoire et celle du monde et pensent ainsi être de plain-pied avec les autres cultures ». Ainsi, Dominique Wolton fustige une certaine arrogance dans la manière d’agir des américains : « Partir en guerre contre des hommes qui ont 5 000 ans d’histoire dans leur mémoire collective, alors que l’on a soi-même que 3 siècles d’histoire, risque de provoquer quelques télescopages… ». En effet.

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Le livre permet également de mettre en évidence des choses étonnantes, comme l’importance qu’accorde l’auteur aux séries télévisées, largement relayées par internet. Que ce soit 24 ou Plus Belle La Vie, Dominique Wolton attribue à ces séries un rôle de lien social très important,  puisqu’elles « traitent de tous les problèmes de la société, de la culture et de la politique ». Jamais je n’aurais dit ça de la série qui suit Tout Le Sport sur France 3…

L’émergence d’internet permet à chacun d’être au courant de tout, tout de suite. Cependant, il est intéressant de lire que « nous sommes devenus des géants en matière d’information mais de nains en matière d’action ». Je ne suis pas tout à fait d’accord puisque Time Magazine, en plaçant … , affirme que l’individu devient de plus en plus puissant, notamment grâce àinternet. Il suffit de voir ce qu’ont permis des médias tels que YouTube, Twitter ou Facebook dans la crise iranienne pour voir que l’individu peut devenir très puissant. Ce n’est pas pour rien que la Chine bloque ces médias sociaux assez régulièrement.

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Une multitude d’autres thèmes sont abordés par les trois participants à l’entretien (Dominique Wolton, Stéphane Paoli et Jean Viard) et le fil rouge est l’importance de la communication dans la cohabitation des peuples, qui sont aujourd’hui plus que jamais confrontés les uns aux autres. A lire absolument !

Der Halo-Effekt, Phil Rosenzweig, Gabal Verlag

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Schon längere Zeit habe ich dieses Buch gesucht, und nun habe ich es endlich in Köln gefunden. Der Autor ist Phil Rosenzweig, der in Wharton promovierte und sechs Jahre lang an der Harvard Business Scool lehrte. Heute ist er am Institute of Management Development (IMD) in Lausanne tätig, In dem Buch „Der Halo-Effekt“ legt er den Finger auf die verschidenen Irrtümern „die uns den Blick für die Wahren Faktoren der Unternehmensperformance verstellen“.  Der Ursprung unseren verzerrten Wahrnehmung hinsichtlich der Unternehmensperformance ist oft auf ein Phänomen zurückzuführen : dem Halo-Effekt.

Seien es Studien von renommierten Professoren oder Zeitungsartikel aus der Wirtschaftspresse : sehr viele von ihnen stützen sich auf Daten, die vom Halo-Effekt befahlen sind. Mit diesem Ausdruck meint der Autor, dass unsere Wahrnehmung der Unternehmensperformance verschiedenen Faktoren unterliegt. Das erste Beispiel ist sehr aussagekräftig: Cisco Systems. Am Ende der neunziger Jahre wurde das von John Chambers geleitete Unternehmen in verschiedensten Wirtschhaftszeitschriften für seinen Erfolg gelobt. Dank seiner Kundenorientierung, seiner herausragenden Unternehmenskultur, der gezielten Akquisitionspolitik oder auch seinem CEO John Chambers, kam Cisco Systems an die Stelle wo es damals stand : an die Spitze. Als sich ab dem Jahr 2000 die Auftragslage schwindet und der Aktienkurs zu fallen beginnt, ändert sich auch der Ton der Spezialisten : Bei Fortune wurde aus Kundenorientierung “Arroganz“, bei der Unternehmenskultur sprach mann vom “Bad einer Kultur der Zuversicht” und die Akquisitionspolitik sei einer der Felder wo “das Unternehmen im Verlauf des vergangenen Jahres [nicht] geglänzt [hat]“. Dabei erwähnt keine dieser Zeitschriften irgendwelche Veränderungen, sei es im Führungsstil, in der Vorgehensweise des Unternehmens oder im Wettbewerbsumfeld.Fazit : unsere Wahrnehmung eines Unternehmens wird stark von seiner Performance beeinflusst.

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Der Ausdruck wurde zum ersten Mal vom Psychologen Edward Thorndike verwendet, als dieser während des Ersten Weltkriegs die Tendenz “schönen” Soldaten bessere Fähigkeiten zuzumuten als anderen zu erklären versuchte. Doch auch heute ist der Halo-Effekt sehr Präsent : in Umfragen, bei der Bewertung von Mitarbeitern, von Führungskräften usw. Zum Beispiel ist das FortuneRanking der meistbewunderten Unternehmen der Welt sehr stark vom Halo-Effekt betroffen : Phil Rosenzweig sagt in seinem Buch dass “wenn […] ein Unternehmen hohe Gewinne […] meldet, ist die Versuche für die von Fortune Interviewten groβ, dem Unternehmen auch gleich noch eine hohe Produkt- und Dienstleistungsqualität, Innovationsfreude, ein gutes Management, eine Ausgeprägte Attraktivität als Arbeitgeber usw. zu attestieren“.

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Doch der Halo-Effekt sei nicht die einzige Täuschung denen wir bei der Bewertung von Unternehmen untersetzt sind. Zum Beispiel erwähnt Phil Rosenzweig unsere Tendenz, einen einzigen Faktor für eine gute Unternehmensperformance verantwortlich machen zu wollen (“Die Illusion der einzig wahren Erklärung“), oder dass wir dazu neigen universelle Lösungen finden zu wollen (“Die trügerische Metapher von den Naturgesetzen der Unternehmensführung“). Und dabei spricht er nicht nur von Journalisten und Managementgurus, aber auch von renommierten Professoren aus Harvard oder Stanford.

Um diesen Fehlern vorzubeugen gibt der Autor keine neuen Erklährungen, sondern er erwähnt zwei wichtige Punkte der Unternehmensführung : dass strategische Entscheidungen immer mit einem gewissen Risiko verbunden sind, und dass die Ausführung einer gewählten Strategie gewissen Zufallsfaktoren nicht entweichen kann. In anderen Worten, “nichts funktioniert wirklich” ! Mit einem Hauch Optimismus endet das Buch dennoch, unzwar indem Phil Rosenzweig drei vorbildliche Manager erwähnt : Robert Rubin mit seinem “Wahrscheinlichkeitsmanagement”, Andy Grove der Intel zum Erfolg brachte und Guerrino de Luca, CEO von Logitech. Für mich ist die Gemeinsamkeit dieser drei Manager jene der Bescheidenheit. Es gibt keine Wunderrezepte, es wird nie welche geben und der Erfolg eines Unternehmens ist relativ und zeitbegrenzt.

Conférence de Thierry de Montbrial, le 10 février 2009 à l’ESSCA Angers

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A l’occasion du centenaire de l’Ecole, l’ESSCA a accueilli Thierry de Montbrial, fondateur et directeur de l’IFRI (Institut Français des Relations Internationales). Dans un contexte de crise et de mise en cause de notre modèle de civilisation, M. de Montbrial a rappelé les valeurs qui dirigent notre société chrétienne et pointe certaines contradictions qui ont contribué à cette situation. L’amphi Gounouf de l’ESSCA Angers accueillait des dirigeants d’entreprises, permanents de l’Ecole et des élèves, bien que tout le monde n’a pas pu suivre la conférence. L’ESSCA la retransmettait dans un autre amphi angevin ainsi que sur le site de Paris.

Spécialiste en économie et relations internationales, Thierry de Montbrial est diplômé de l’Ecole Polytechnique (1963), de l’Ecole des Mines (1966) et de l’Université de Berkeley. Il a fondé et présidé jusqu’en 1992 le département d’économie de l’Ecole Polytechnique et dirige aujourd’hui la revue Politique Etrangère qui diffuse les analyses françaises relatives aux relations internationales dans le monde. On peut terminer cette brève introduction par ses fonctions d’enseignement, puisqu’il professe à l’X (sciences économiques), au Conservatoire nationale des Arts et Métiers (économie politique appliquée) ainsi qu’à Paris II Panthéon Assas (théories des relations internationales).

Dans son discours -d’une bonne heure- M. de Montbrial a abordé la situation actuelle mais il a commencé par certains rappels historiques. Ainsi, de toutes les révolutions du monde, les trois plus importantes sont l’écriture, l’imprimerie et les NTIC, dont l’ampleur va grandissante. Il est intéressant de remarquer que toutes ces “révolutions” sont liées à la communication. Je vous invite à ce sujet à lire le livre de Dominique Wolton : Mc Luhan ne répond plus, aux éditions l’Aube.

Lorsqu’on regarde la récente évolution des relations internationales, le directeur de l’IFRI revient sur la chute de l’URSS, qui est selon lui l’évènement majeur du XXème siècle. D’ailleurs, nous en ressentons encore les conséquences aujourd’hui, notamment dans la construction européenne. Le déplacement du centre de gravité de l’UE vers l’Est est un fait logique, mais pas facile à accepter par les membres fondateurs. L’utopie bien française d’un “monde stagnant” n’a aucun fondement et peut même être une chose dangereuse, dans le sens où “son application permet de perpétuer les totalitarismes et empêche l’évolution des systèmes fiables“.

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Pour revenir à l’Union Européenne, l’Ingénieur général des Mines pense que la politique économique européenne ne va pas assez dans le sens de l’uniformisation politique, dont l’Euro-zone est un exemple. Il critique ainsi les décisions individuelles comme qui ne sont pas coordonnées, comme l’aide de 6,5 milliards d’Euros que Nicolas Sarkozy a accordé au secteur automobile français en début d’année. Le protectionnisme serait ainsi un “scénario catastrophe” de la crise puisque cela fausse toutes les règles de la concurrence et ne favorise pas la confiance mondiale dont nous avons besoin.

La stabilité mondiale ne dépend donc plus de la Triade (Europe, Etats-Unis, Japon) mais aussi et surtout des grands pays émergents comme l’Inde, le Brésil ou encore la Chine. Le parti unique du pays, Parti Communiste Chinois, trouve aujourd’hui sa légitimité dans la poursuite de la croissance économique. Non sans le monde stagnant, Thierry de Montbrial voit dans ce pragmatisme (la contradiction entre les valeurs fondatrices du PCC et la situation chinoise) la force de ces pays. Il n’a cependant pas abordé l’aléa moral causé par les dérives de ce système… Mais selon lui, les entreprises et les institutions n’existent pas pour être éternelles. Ainsi, il a fait référence à des entreprises telles que Apple, Microsoft ou IBM, mais aussi au CNRS dont l’actuelle résistance au changement constitue une menace : la difficulté de se réformer pour s’adapter. Schumpeter pensait que la capacité à constamment se renouveller constitue la force principale d’un système.

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Même quand “les choses vont bien“, les hommes ont naturellement tendance au “relâchement“. Le conférencier explique cela par “l’extrapolation des discours positivites et inhibant le doute“, Danny Miller apelle cela le Paradoxe d’Icare (son livre). Il faut souvent des drames pour regarder les choses en face et la crise économique et écologique actuelle en est un, c’est certain. Plus précisément, M. de Montbrial évoque l’interruption totale des marchés interbancaires que nous observons aujourd’hui. Il reproche aussi à Alan Greenspan d’avoir permis de développer “un système basé sur l’irréel” avec sa foi aveugle dans le marché. Il croyait en l’accroissement supérieure de la productivité (grâce aux NTIC) face au capital, ce qui s’est révélé faux.

Il est nécéssaire d’espérer pour entreprendre

Les difficultés que rencontre l’homme lorsqu’il entreprend (l’entrepreneur donc…), c’est lui-même qui les créé, et non pas la nature. C’est cette vision très cartésienne que Thierry de Montbrial défend, disant qu’il faut y répondre (aux difficultés) par “la vertu et la persévérance“. Il a aussi souligné l’importance de rester fidèle à ses valeurs dans son action puisque, inévitablement, la durée et l’expérience mettent à l’épreuve notre éthique à tous. Selon lui, le meilleur leadership est donc le “leadership par l’exemple“, qui induit le moins de biais et le plus de crédibilité.

Bien qu’il ait un CV impressionnant, j’aurais justement pensé que ce Monsieur aurait été plus humble. Parfois distant, parfois évasif, M. de Montbrial m’a paru un peu hautain. Est-ce son attitude naturelle ou une conséquence de son indiscutable appartenance à l’élite? Je ne sais pas. Lorsqu’un étudiant (esscaïen) a posé une question sur l’appartenance du conférencier au très confidentiel groupe Bilderberg, M. de Montbrial s’est permis de ne pas répondre en substance, mais plutôt de revendiquer son droit à en faire partie. J’aurais personnellement préféré avoir ses explications plutôt que de devoir aller chercher des infos sur internet (WikipediaRue89 etc.). Il était cependant très impressionnant de rencontrer une personne de sa culture, et j’ai toujours beaucoup de respect pour les personnes si intelligentes.

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Cas en Marketing, Hertrich & Mayrhofer, éd. EMS (2008)

Cas en Marketing, Hertrich & Mayrhofer, éd. EMS (2008)

Sur un peu plus de 200 pages le livre recueille 12 cas réels d’entreprises qui couvrent différents domaines (Futuroscope, Procter&Gamble, Levi’s, Media Markt, Carrefour au Japon etc.), que ce soit au sujet du marketing stratégique, opérationnel ou plus spécifique, comme le marketing du sport. Les deux cas que j’ai lus avec le plus d’attention étaient Lenovo qui aborde la politique de communication de l’entreprise chinoise, et celui de l’Union Cycliste Internationale (UCI) qui traite des spécificités du marketing du sport.

Lenovo HQ

Björn Walliser et Saskia Faulk se sont penché sur le cas Lenovo, et plus particulièrement sur l’opportunité qu’a eu à partir de 2007 l’entreprise technologique de s’associer à la Ligue Américaine de Basket-Ball Féminin, ou WNBA. Lenovo est un des leaders sur le marché global de l’ordinateur et soutient différentes équipes et programmes sportifs. Parmi ceux-là, on peut citer l’association de Lenovo avec la Ligue Américaine de Basket-Ball (NBA). Le but de ce partenariat est d’augmenter la notoriété et la reconnaissance de la marque, née en 2003 de l’acquisition par Legend de la division micro-informatique de IBM. Ainsi, Lenovo est l’Official PC Partner of the NBA et équipe le staff pour toutes les opérations de la Ligue, cela lui confère aussi les droits marketing aux USA et en Chine. La WNBA, regardée par un public surtout féminin, compte déjà de nombreux partenaires en 2007, parmi lesquels AOL et T-Mobile qui sont des entreprises technologiques, au sens large du terme. Le corrigé du cas précise que le parrainage sportif joue un rôle important dans une stratégie de communication intégrée(Walliser, 2006). De plus, il est indispensable que la WNBA intéresse le même public que les cibles de Lenovo, afin qu’une attitude favorable puisse être adoptée vis-à-vis de la marque. En effet, la notoriété et l’image sont les variables que Lenovo entend améliorer, puisque la marque est très récente. Les messages sont souvent brefs et donc peu aptes à créer une habitude d’achat, c’est pourquoi il s’agit d’un moyen de communication parmi d’autres (opérations commerciales, publicité explicative etc.) dans une approche de communication intégrée. De plus, Lenovo pourra mettre en avant ses produits (équipements officiels) et son savoir-faire en traitement de données (statistiques de match). En parallèle, Lenovo gagnerait à parrainer une joueuse star de la Ligue, comme Deanna Nolan, car cela « rajouterait de l’émotion à l’action de Lenovo ». Bien entendu, cela va aussi dans le sens de l’intégration du parrainage, ce qui engendre logiquement des scores de mémorisation plus intéressants.

D. Nola, à parrainer, selon les auteurs

Pour la WNBA, les avantages dépassent l’aspect financier. Etant donné que Lenovo est déjà partenaire de la NBA, la crédibilité de la WNBA se trouve renforcée par le partenariat. De plus, les compétences qu’apportent Lenovo sont d’ordre organisationnel, médiatique, juridique et même relationnelles, puisque la WNBA obtient ainsi une porte d’entrée au marché chinois. Les auteurs concluent donc sur les nombreux avantages qu’entraînerait une coopération entre les deux organisations, puisqu’un partenariat constituerait une extension logique de la collaboration débutée avec la NBA, et qu’il profitterait aux deux parties. Le site actuel de la WNBA arbore cependant le logo de Hewlett-Peckard, ce qui semble indiquer que les dirigeants n’ont pas du pouvoir se mettre d’accord sur un partenariat satisfaisant…

Logo UCI

Concernant le marketing du sport, le cas de l’Union Cycliste Internationale est également intéressant. L’UCI se doit effectivement d’adopter une stratégie marketing pour la promotion des Championnats du Monde de cyclisme sur route, et elle doit se présenter comme une marque qui doit entretenir son image et son attractivité. L’évènement doit se positionner face à la concurrence directe que représentent les autres courses du calendrier international, et face à la concurrence élargie qui est constituée d’autres évènements sportifs voire culturels.

Les principaux avantages concurrentiels de l’UCI sont tout d’abord son monopole en matière d’organisation des championnats officiels et l’excellence sportive qui en découle, mais aussi son amateurisme, dans le sens où… Du choix du lieu de la course à celui des sponsors, l’UCI doit collaborer avec le Comité d’Organisation du championnat. Par exemple faut-il prendre en compte les partenaires de l’UCI (Santini, Shimano, Skoda, Tissot, IT Computers ou encore l’Union Européenne de Radiotélévision) pour respecter les éventuelles clauses d’exclusivité. De plus, l’UCI impose certaines contraintes comme le design du logo, dont une partie est réglementée (couleurs de l’UCI).

Logos des championnats du monde (charte graphique imposée)

Pour les championnats de 2007, qui se tenaient à Stuttgart (Allemagne), les deux axes de communication de l’UCI étaient la dimension écologique du cyclisme et la lutte contre le dopage. Le public visé par ces messages est le « consommateur » dont la culture sportive est partagée entre la « culture des sports traditionnels » (pratique encadrée, fédérations sportives etc.) et la « culture des sports consommés » (pratique loisir, fréquentation des clubs de sport, spectacles sportifs etc.).

Bretagne-Schuller et ses sponsors 2009

Dimanche 28 juin, Dimitri Champion (Bretagne-Schuller) est devenu champion de France de cyclisme sur route. Recalé l’année drnière par Bougues Télécom, il a réussi à rebondir cette année en Bretagne dans cette équipe de niveau Continental, qui est la troisième “catégorie” dans la hiérarchie mondiale du cyclisme professionnel. Alors qu’il terminait 7è du contre-la-montre de jeudi, Dimitri Champion conclut ce week-end briochin avec une magnifique victoire pour lui et son équipe. Les négociations étaient en cours avec les partenaires actuels pour faire grandir ce groupe au-delà des frontières nationales, puisque le budget d’1,6 millions d’euros est encore insuffisant pour pouvoir prétendre au Tour de France, mais l’équipe restera en Continentale l’année prochaine… Petit tour d’horizon de ces partenaires.

Bretagne-Schuller, Generali, Ekoi

Bretagne-Schuller, Inkosport, Alb, Identicar, MBK

Bretagne-Schuller, Noret, Polar

Bretagne-Schuller, Michelin, Sportbreizh, Twinner