Louis Le Duff à La Voix Est Libre (FR3 Bretagne), samedi 31 octobre

Au Centre des Congrès d'Angers, le 2 octobre 2009

Louis Le Duff (promo 70, à gauche) lors de la soirée-débat du centenaire de l'ESSCA

Quand on lui demande quel a été le principal handicap qu’il a du surmonter au début de sa carrière :

je parlais pas bien français, je parlais trop breton et les gens me comprenaient pas

Quand on lui parle du Canada (où il a fait un MBA à Sherbrooke) et des Etats-Unis :

“je suis parti avec cet esprit : trouver une idée qui n’existait pas encore en Europe

Quand on lui parle d’auto-entrepreunariat :

“tous les français veulent de la sécurité, de la rentabilité et de la liberté

l’auto-entrepreneur, c’est la libéralisation de l’esprit d’entreprise

Quand on lui parle de pionniers :

tout inventer, comme Bill Gates, comme Yves Rocher (originaire de La Gacilly, dans le Morbihan)”

Quand on lui parle de passion :

je fais ce que j’aime avec beaucoup de passion, comme un sportif

Quand on lui parle de l’actualité chez France Telecom :

Ford disait «prenez-moi mes usines, prenez-moi mon argent, mais laissez-moi mes hommes, et je rebatirai mon empire» et bien ça s’applique à moi, ça s’applique aussi à France Telecom

en tant que marin breton, je dirai que l’écart se creuse entre les bons et les mauvais en cas de tempête, c’est pareil pour l’entreprise

Quand on lui parle du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes (dont il est partisan) :

aujourd’hui, nous exportons nos cochons, les meilleurs cochons. Et bien de la même manière, nous exportons nos meilleurs cerveaux : 2/3 de nos diplômés partent hors de la Bretagne

Ca me permettrait de rapatrier le siège social,  totalemnt, à Rennes

Vous savez, moi aussi (comme l’agriculteur qui l’interpelle) j’ai une ferme de 50ha, je fais du bio, et je suis très nature

Quand on lui demande de choisir entre Bernard Hinault et Louison Bobet :

Certainement Bernard Hinault

Bike Europe : L’Europe veut-elle tuer la distribution sélective ?

La distribution est une des quatre variables classiques du mix-marketing, et la distribution sélective est très courante dans l’industrie du cycle. Comme on l’apprend aujourd’hui du site spécialisé Bike Europe, l’Union Européenne pourrait bientôt mettre fin à cette logique, et pas seulement pour les cycles…

 

www2.giant-bicycles.com

Giant Store Inside (GSI), un nouveau concept de collaboration étroite entre la marque et le distributer

 

Ce sont aujourd’hui les propriétaires des marques, ou Original Equipement Manufacturers (OEM’s) tels que Lapierre, Giant ou Cannondale qui décident de la distribution de leurs produits. Elles  peuvent également déléguer cette responsabilité à l’importateur -exclusif ou non- de la marque dans un pays : la société TwoLambs distribue par exemple les marques allemandes Nicolai et IXS. Dans beaucoup de secteurs, le contrat de distribution stipule que le distributeur doit atteindre certains objectifs, qu’ils soient quantitatifs (volume de ventes) ou qualitatifs (présentation des produits). Dans une interview accordée à B2Bike.com en juin, Paul Didier, responsable de BMC France, précise : “nous recherchons des revendeurs spécialisés dans le haut de gamme avec des compétences techniques solides et des surfaces de vente honnêtes (…) la solidité financière du partenaire est également primordiale“.

La Commission Européenne est en train de statuer sur une révision des règles de la concurrence, révisions qui pourraient interdire le distribution sélective. Les changements apportés aux régulations n°2790/1999 (qui s’appliquent à presque tous les secteurs industriels) pourraient in fine mener à une libéralisation totale de la distribution. Pour en revenir à l’industrie du cycle, cela voudrait dire que Lidl pourrait vendre du Specialized, que Dectahlon aurait la liberté de proposer la gamme Orbea etc. D’après Bike Europe, la spécificité accordée jusque-là au secteur de l’automobile (épargné par ce changement, puisque les règles sont différentes) pourrait également disparaître, ce qui équivaudrait à une petite révolution !

MBK Cycles pourra être distribué par n'importe quel commerçant, comme Schuller ? ;)

MBK Cycles pourra être distribué par n'importe quel commerçant, comme Schuller ? 😉

Les lobbies de l’automobile font sans doute des pieds et des mains pour s’accrocher à ce privilège, ceux du cycle n’auront certainement pas la même influence… La European Two-Wheelers Retailers’ Association (ETRA), un des groupes de pression de l’industrie du cycle en Europe, a participé aux discussions avec la Commission et revendique l’application des règles (spécifiques) de l’industrie à l’automobile aux distributeurs de cycles, motorisés ou non. L’émergence des e-bikes est effectivement un phénomène qui fait converger les constructeurs de cycles (comme Giant) et de motocycles (comme Yamaha). Une majorité de distributeurs de cycles vendent des vélos ET des scooters, et les ventes de deux-roues électriques explosent ; ce ne sera sans doute pas suffisant pour argumenter… surtout si les associations professionnelles se font la guerre (lien).

Petit à petit, Look fait son nid

  • Il s’intéresse à Rossignol parce qu’il est “un passionné de sport” ?
  • Quel savoir-faire Look, “avec sa technologie carbone“, apportera-t-il au textile de Rossignol ?
  • Quels type de produits une “filiale commune autour des produits de Look” avec Quicksilver aurait-elle pu vendre ?

Look Cycle reprend le textile Rossignol


22/10/2009 | Mise à jour : 12:23
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Les activités textiles de Rossignol resteront dans le giron d’un groupe français. Dominique Bergin, président de Look Cycle, a signé le 8 octobre l’accord de reprise de la filiale vêtements de la marque de montagne, pour un montant resté confidentiel. Look Cycle, spécialiste des cadres et accessoires de vélo en carbone et élue PME la plus innovante de France en 2009, a réalisé 32 millions d’euros de chiffre d’affaires lors du dernier exercice. Elle s’engage à conserver les 15 emplois de la branche qu’elle acquiert et dont l’activité s’est élevée en 2008 à environ 10 millions d’euros. Pour redynamiser la collection, Look Cycle investira près de 2 millions et fera appel au créateur Jean-Charles de Castelbajac. En revanche, la transaction ne concerne pas les fixations de ski de Rossignol, pourtant elles aussi de marque Look.

Le PDG de Look s’intéresse
à Rossignol

Christine Lagoutte
26/03/2008 | Mise à jour : 07:47
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Depuis son entrée dans le giron de Quiksilver, la marque Rossignol n’a cessé de perdre de l’argent et de voir ses ventes reculer.

C’est une course contre la montre qu’entame Dominique Bergin, le président du spécialiste du cycle haut de gamme Look International. Le contrat avec la Fédération cycliste chinoise pour équiper sa centaine d’athlètes à Pékin bat son plein, avec à la clé la fourniture d’ici à l’été de 200 vélos.

Mais, ce qui occupe avant tout l’emploi du temps de l’ancien dirigeant de cliniques privées reconverti dans l’industrie, c’est l’offre de reprise qu’il compte présenter avec un fonds d’investissement sur le spécialiste mondial du ski Rossignol, mis en vente par son propriétaire américain Quiksilver, trois ans seulement après l’avoir racheté pour 360 millions d’euros. Le processus de vente, piloté par la banque JPMorgan, devrait démarrer début avril.

«Pourquoi je m’intéresse à Rossignol ? Parce que je suis un passionné de sport, que Rossignol est une très belle marque synonyme de performance, et que Look, avec sa technologie carbone, peut lui apporter un savoir-faire» , explique cet adepte du ski et de la petite reine. Les deux entreprises ont aussi une histoire en commun, Rossignol ayant racheté en 1994 le département fixations de ski de Look (son activité d’origine avant qu’elle n’entre dans le cycle au milieu des années 1980).

Protéger le «made in France»

«J’étudie des dossiers de reprise tous les ans, car mon ambition est de créer un groupe d’outdoor d’envergure internationale à partir du vélo» , souligne Dominique Bergin qui a redressé Look en dix ans, après une quasi-faillite. Alors que la Chine fournit 80% des vélos mis sur le marché dans le monde, Look continue de privilégier le «made in France» dans l’usine de Nevers qui emploie 180 personnes.

Cette volonté sociale de conserver l’emploi en France alors que les coûts de fabrication sont beaucoup plus favorables à l’étranger donne aujourd’hui à Dominique Bergin une certaine légitimité à regarder le dossier Rossignol. «Nous avions approché Quiksilver il y a quelque temps pour monter une filiale commune autour des produits de Look, mais le projet n’avait pas abouti», rappelle-t-il.

Combien est-il prêt à mettre sur la table ? Trop tôt pour le dire, reconnaît le patron de Look. Il estime que l’environnement financier actuel peut jouer en sa faveur : la contraction du crédit risque de réduire le nombre de candidats au rachat. Quant à Quiksilver il est pressé de vendre pour tirer un trait le plus vite possible sur cette aventure dans le ski et regagner les faveurs de la Bourse. Aujourd’hui, la marque Rossignol est toujours prestigieuse, mais sa situation financière est difficile. Depuis son entrée dans le giron de Quiksilver, elle n’a cessé de perdre de l’argent et de voir ses ventes reculer. En 2007, le chiffre d’affaires du pôle sports d’hiver a généré 379,2 millions de dollars, en baisse de 22% sur un an. Quant à l’endettement du groupe, il atteignait 120 millions d’euros lors du rachat en 2005 et aurait plus que doublé depuis.

Ceci étant dit, Rossignol a maintenant un magnifique siège social à Moirans (Rossignol a trouvé son nidVisite du siège de Rossignol), dans l’Isère (38) :

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Du rôle du design dans le marketing…

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Pour créer de la valeur aujourd’hui, il ne suffit plus d’apposer un logo connu sur un produit, ni même de concevoir un beau produit, il faut générer des émotions (voir ce billet sur le livre de Georges Chétochine). Pour ce faire, les marketers ont inventé différents dispositifs et outils qui permettent de surprendre et d’impliquer le client. La Brioche Dorée, fondée par Louis Le Duff, a été une des premières enseignes à utiliser des diffuseurs d’odeurs devant ses magasins ; c’est du marketing sensoriel. Dans son livre sur le storytelling, Christian Salmon prend l’exemple d’Enron qui a “encensé” ses actionnaires, employés etc. pour faire croire à son succès ; le storytelling est une autre technique très en vogue, notamment en marketing. Un autre moyen de créer un lien émotionnel est (tout simplement) de concevoir de beaux produits, qui soient compris par les clients : c’est le rôle du design.

Il faut donc trouver de nouvelles manières de créer de la valeur autour de ses produits. Nicolas Minvielle, professeur à Audencia Nantes, parle dans un article de Marketing Grandes Ecoles (septembre 2009) de “stratégies de ré-enchantement, (dans lesquelles) certains designers peuvent jouer un rôle fondamental“. Les marques doivent donc habilement s’associer à des designers qui, d’une certaine manière, “cautionnent” la marque, prennent position pour elle en s’adressant au client final. En s’appuyant sur les explications de Philippe Starck concernant son design de la Moto d’Aprilia, N. Minvielle n’hésite pas de parler d'”instance validatrice” au sujet des designers.

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En s’associant à un designer de renom, et en lui laissant cette liberté d’expression, la marque prend un certain risque. Par définition, ce type de démarche est d’aboutir à quelque-chose de fondamentalement différent de ce que propose l’entreprise, c’est là où le designer a la plus grande responsabilité. Il doit expliquer sa démarche, puisque c’est son discours qui lui permet d’attribuer au produit des valeurs symboliques, ces valeurs qui se reportent automatiquement sur la marque qui fait appel à lui. en même temps, c’est bien là que réside le bénéfice de l’opération : “attribuer au produit (…) des valeurs symboliques que la marque aurait des difficultés à justifier de manière solitaire ou à travers ses attributs courants (logos, produits, publicités etc.)“.

Cela témoigne-t-il d’un manque d’inspiration de la part de l’entreprise ? Sont-elles alors à court d’idées ? Peut-être, puisque les récits (Nicolas Minvielle a intitulé son article “(Certains) designers sont des conteurs”, et parle de “designers-conteurs“) peuvent-être considérés comme des “mythes compensateurs, qui ont pour fonction de rassurer“. Ces termes sont extraits d’un ouvrage du critique littéraire Paul Lidsky, cette référence montre que le storytelling est une technique qui a sa place en marketing. Est-ce de l’ensorcellement, de l’enchantement, de la manipulation ? Dans la même revue, Djamchid Assadi de l’ESC Dijon affirme que le storytelling comporte une part d’ensorcellement : “la communication est elle-même une manipulation ! On émet un message pour avoir quelques effets sur son interlocuteur“.

Le marketing et le design ont donc la même finalité : plaire au client. Les techniques sont cependant différentes, ce qui peut mener à des incompréhensions. Le design en tant que “pratique extrêmement qualitative” doit pouvoir s’imposer face à “l’approche quantitative “dure” de certaines branches du marketing“. Une manifestation de cette différence d’approche est que le design est très accessible, tout le monde s’estime alors apte à juger un dessin, peu de personnes peuvent apprécier la politique marketing d’une société… Une des erreurs les plus courantes est, selon Nicolas Minvielle, l’emploi du mot “design” en tant qu’adjectif. Cela est sans doute lié à la banalisation du style minimaliste et épuré. Evidemment, le design “existe bien au-delà de certains styles spécifiques“, le retour de l’ornement et de certaines pratiques héritées des Arts Décoratifs le prouvent très bien.

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Le design est une démarche, dont l’objectif est de la réelle plus-value est, selon l’auteur, la transformation, le “questionnement du dessein de l’entreprise“. Le marketing, quant à lui, a pour rôle de formuler concrètement ce dessein. La difficulté dans la collaboration design/marketing est sans doute de trouver un terrain d’entente entre les contraintes imposées par le marketing (l’ADN du produit par exemple) et les innovations d’usage proposées par le design. La forme et la fonction ne sont plus séparées, le designer doit comprendre le client-utilisateur et ses besoins pour créer un produit qui répond à un besoin existant ou inexistant. Autrement dit : la “traduction d’un dessein au travers d’un dessin“.

Le “monde de marque” d’Apple selon Lionel Sitz

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Professeur à l’EM Lyon, dont nous avons déjà abordé sa vision du cultural branding dans un précédent article du blog, Lionel Sitz prend l’exemple d’une grande marque d’aujourd’hui (Apple) pour introduire un nouveau concept : le monde de marque. Dans le n°52 de la revue Décisions Marketing (octobre-décembre 2008), l’enseignant-chercheur, dont la thèse portait sur le rôle des membres centraux dans l’émergence d’une communauté de marque, se penche sur les dimensions culturelles ET sociales d’une marque, dimensions que les approches marketing actuelles ne prennent pas assez en compte. L’exemple d’Apple fournit des exemples particulièrement intéressants.

Conformément à la structure de l’article de M. Sitz, nous allons d’abord de l’entreprise et de son environnement, avant de parler de la notion centrale que l’article introduit, le monde de marque, marque dont le professeur de marketing a suivi l’environnement français. Son travail a effectivement été conduit selon les méthodes d’un ethnographe (“suivre les acteurs dans leurs contextes d’interaction“), plus précisément avec des observations et des entretiens non directifs, qui permettent aux interrogés de s’exprimer plus librement. Que ce soient des membres de réseaux sociaux, des visiteurs de l’AppleExpo ou des informaticiens attachés à la marque californienne, divers avis ont étés recueillis.

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Ainsi, il n’existe pas un seul groupe réuni autour de la marque à la pomme, mais une “pluralité de collectifs qui coexistent et sont liés de différentes manières“, les moyens de communication modernes leur permettant d’être actifs dans plusieurs collectifs en même temps. Il ont tous en commun une certaine fidélité à la marque Apple, mais cet attachement n’est pas le même pour tous les passionnés. C’est cette hétérogénéité qui rend le travail des marketers particulièrement difficile, et c’est pour cela que Lionel Sitz introduit la notion de monde de marque : un “monde social qui rassemble un ensemble d’acteurs participant à la constitution d’objets culturels“. Ce n’est pas pour rien que nous faisons de la sociologie dans notre M1 Expertise Marketing à l’ESSCA : cette discipline est très liée au marketing, des concepts comme le marketing tribal le montrent bien.

L’univers d’Apple rassemble effectivement de nombreux codes culturels propres aux groupes sociaux. Les événements historiques (MacWorld, l’AppleExpo jusqu’en 2008), les symboles (logo, produits), les artefacts (invitations, badges d’entrée), les gourous (Steve Jobs, Steve Wozniak, Jonathan Ive) et même des plaisanteries communes font naître une hyperfidélité à la marque. Cette relation particulière est également mise en évidence pas le “champ sémantique de la passion“, qui est très présent dans les données qu’a recueilli le chercheur français. A ce sujet, vous pouvez lire ce billet du blog, qui présente une méthode scientifique d’analyse du champ sémantique d’une marque.

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MacBidouille.com, un des 5 groupes étudiés par Lionel Sitz

Bien entendu, internet est le principal médium d’interaction entre les acteurs de ces groupes, dont MacBidouille n’est qu’un des nombreux exemples. Les rencontres physiques, ou événements de marque, permettent de “rassembles les consommateurs et de (…) rencontrer des représentants de la marque“. Le rôle des marketers (d’Apple, dans ce cas) est donc, selon Lionel Sitz d'”entretenir la dynamique sociale“, tant au sein des collectifs qu’entre ces collectifs. Cela peut paraître simple et facile, mais cette relation particulière de consommateurs à la marque “relève de contrat implicite“, il y a comme un engagement réciproque. Lorsque le gourou Steve Jobs n’apparaît pas à l’Apple Expo, voire à la MacWorld, les fidèles sont déçus. Lorsqu’ils ressentent un certain désintérêt de l’entreprise pour les rassemblements, ils le vivent comme une trahison. Ces clients sont plus exigeants !

L’émergence de cette culture trouve essentiellement sa source dans la “sous-culture de consommation informatique“. Ce n’est un secret pour personne que le rejet d’IBM et de Microsoft est un facteur de cohésion (“fidélité par opposition“) au sein des Apple User Groups et plus largement des fan de la marque à la pomme, et ce rejet est aussi un des principaux arguments pour promouvoir les produits de la marque. Comme le dit un des membres de communauté d’utilisateurs cité dans l’article de Lionel Sitz, “les geeks préféraient Apple parce que c’est synonyme de liberté“, et c’est l’association d’une hyperfidélité avec le rejet d’ennemis qui caractérise les collectifs d’Apple.

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Pour revenir sur un concept sociologique : les collectifs comme ceux qui s’articulent autour d’Apple s’apparentent à des “tribus postmodernes“, où l’identification de l’individu au groupe est essentiel. Le tribalisme postmoderne est de plus caractérisé par la “fluidité et les rassemblements ponctuels“. Ces rassemblements, les événements de marque par exemple, et cette fluidité, dont les réseaux sociaux sont une des manifestations, sont sans aucun doute des dispositifs marketing particulièrement adaptés à ces ces marques dont la différenciation réside dans la “capacité à fournir des ressources culturelles et identitaires pertinentes” (voir le cultural branding). La pérennité d’une marque réside dans sa capacité d’adaptation dans un environnement de moins en moins contrôlable. La stabilité d’un monde de marque, elle, repose “sur la fluidité des acteurs qui le composent“.

C’est le concept que Lionel Sitz introduit par son article, déjà évoqué ci-dessus : le monde de marque. Cette notion dépasse le simple espace culturel occupé par une marque, ou brandscape, puisqu’elle intègre les dynamiques sociales des individus et des collectifs. Même si ces acteurs sont parfois dispersés, des occasions spéciales et ponctuelles leurs permettent de se rencontrer et de “rythmer les activités collectives“. C’est un “espace de coordination de multiples parties prenantes autour d’une même marque“, parties prenantes qui créent des connections pour pouvoir communiquer.